“ Parques infinies, filles de la nuit obscure, je vous implore, ô vous qui sur les bords du marais céleste, aux lieux où une eau sombre coule éternellement d’une fontaine infernale sous un épais brouillard, présidez aux âmes des morts qui sont réfugiées dans les profondeurs de la terre, vous venez aux demeures tumultueuses des hommes, accompagnées de l’Espoir et les yeux couverts de voiles de porphyre ; ainsi traînées par vos rapides coursiers, vous arrivez dans le champ fatal, aux limites de la Justice, de l’Espoir et des Inquiétudes, car la Parque est la maîtresse de la vie. ”
Parques
Définition et enjeux
Les Parques, figures mythologiques de la tradition grecque, incarnaient le destin humain dans les récits anciens, en tant que déesses tisseuses des sortirs. De Pseudo-Orphée, qui les invoque comme gardiennes des âmes dans les profondeurs de la terre, à Francis Bacon, qui les associe à la chaîne invisible de la nature, les auteurs ont abordé ce thème à travers des points de vue divers.
Des descriptions poétiques de parcs, comme chez Pierre Gauthiez ou Édouard Dujardin, jusqu’aux réflexions politiques de Charles Philippe Marchand sur les espaces clos, le motif des Parques s’étend du mythe au réel, illustrant une tension entre fatalité et liberté. Les thèmes liés, tels que le destin ou les Grâces, en révèlent la portée symbolique et philosophique.
Citations sur “Parques”
Francis Bacon,
De la dignité et de l’accroissement des sciences
(1605)
“ Ensorte que, par rapport aux individus, la chaîne de la nature et le fil des Parques ne sont qu’une seule et même chose. De plus, les anciens ont feint que Pan demeure toujours en plein air ; que les Parques habitent un souterrain, et qu’elles volent vers les hommes avec la plus grande vitesse ; parce que la nature et la face de l’univers est visible et exposée à nos regards ; au lieu que les destinées des individus sont cachées et rapides. ”
Pierre Gauthiez,
Au soleil de Versailles
(1910)
“ Près du Grand Parc, rongé d'herbe et de mousse, Un bassin calme, à Trianon-sous-Bois, Dans la feuillée où le soleil s'émousse, Ouvre sa vasque aux jardins d'autrefois ; Les marronniers aux tiges renversées, De leur image en tapissent le fond, Et l'on devine, à travers leurs percées, Un autre ciel, plus sombre et plus profond. Un long jet pâle y balance une aigrette, Lorsque le Parc s'éveille aux Grandes Eaux: Mais plus souvent l'onde est morte et muette, On n'y voit point s'abreuver les oiseaux. ”
