Joseph Moressée

Résumé

Joseph Moressée Un Mariage à Mondorf

Ce tableau rapide de l’existence de son père et de la sienne venait de repasser tout à coup sous les yeux de Raymonde, assise, toute songeuse, devant le piano.
— Oui, se dit-elle, en poussant un soupir de profonde angoisse, Marcelle se retrouve sous le coup de la même menace... La science sera-t-elle donc obligée de s’avouer vaincue, et restera-t-elle impuissante à conserver à notre amour cette chère petite enfant !...
Puis, sa pensée s’élevant plus haut, jusqu’à Celui qui peut tout, là même où la science humaine reste inutile et incapable, une ardente prière monta de son cœur à ses lèvres.
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Joseph Moressée Un Mariage à Mondorf

Pauvre fou qui, n’écoutant que son cœur, se croyait si tôt parvenu au bout de ses peines ! Mais c’était là, l’obstacle : Raymonde ne l’aimait pas.
Même, à bien réfléchir, elle ne pouvait pas l’aimer. Ce qu’on lui avait caché, à lui, tout le monde le savait. Personne n’ignorait que les médecins l’avaient condamné. Quelle absurde idée de penser que mademoiselle Dubreuil irait aimer un incurable !
C’était la désillusion pleine d’amertume. Fernand souffrait, sous le coup d’un profond chagrin, se prenant à regretter les mauvaises heures d’autrefois, dont son rêve du moins le consolait.
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C’est ainsi que M. Dubreuil venait de prendre le change sur l’état de son âme.
Quand Fernand se retrouva seul, l’empire qu’il avait pris sur lui-même l’abandonna, et il retomba dans sa morne tristesse. Et une fois encore défila dans son esprit tout le roman de son amour malheureux. Quels doux espoirs, d’abord, quel rêve charmant, et puis quelle désillusion ! Mais cette grande tristesse était encore dominée par la douleur que lui avait causée cette révélation inattendue : Raymonde appartenant à un autre, qu’elle aimait, dont elle était aimée, peut-être.
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