Mathilde Alanic,
Derrière le voile
(1923)
“ Plus loin encore, hors de la portée des regards, une étroite menotte se glissait dans la main virile qui se resserra.— Papa ! Papa ! La bonne promenade que nous allons faire, tous deux !Tous deux !... Ces mots se chuchotèrent avec un frémissement d’amour et de joie qu’eût envié un jeune amant, au premier rendez-vous ! Le cœur paternel tressaillit d’un émoi doux et profond.Mais dans la tendresse de ces paroles, perçait une plainte involontaire. Davier étouffa sa pensée, et enveloppa plus fort, dans la tiédeur de ses doigts, le poing menu.— De quel côté irons-nous, Évelyne ? Dirige ! ”
