“ Les Aromates Je t’invoque, pur, aimable, charmant Cupidon, enfant ailé, armé d’une lance, prompt, rapide, impétueux comme la flamme, qui te joues également des dieux et des hommes. Enfant rusé, qui tiens les clés du monde entier, du ciel, de l’éther, de la mer et de la terre ; toi que la déesse mère universelle, qui produit toutes choses, et l’Averne, et la mer aux flots limpides reconnaissent également ; car toi seul tu commandes à tous ces élémens, sois-nous favorable, sois propice à tes ministres, dont l’âme est pure, éloigne d’eux les souffles dangereux des passions illégitimes. ”
Pseudo-Orphée
Élements biographiques
Pseudo-Orphée désigne un auteur ou un groupe d’auteurs anonymes dont les œuvres, attribuées au mythe d’Orphée, mêlent traditions grecques et visions monothéistes, souvent réinterprétées par des auteurs juifs et chrétiens. Ces textes, rédigés en vers hexamétriques, célèbrent la sagesse divine, positionnant Moïse comme figure suprême et dénonçant les polythéismes grecs.
Leurs récits, tels que L’Argonautique ou les HYMNES, allient récits mythologiques, invocations divines et réflexions philosophiques, illustrant une quête de transcendance. Les Petits poèmes grecs et LES PIERRES révèlent également une préoccupation pour les rituels, les jeux olympiques et les symboles de purification, marquant une synthèse entre le sacré et l’humain.
Citations de Pseudo-Orphée
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ C’était par la course que commençaient les jeux olympiques, et ce seul exercice en faisait même d’abord toute la solennité. On en distinguait de trois sortes : la course à pied, la course à cheval et la course en char. Les coureurs se rangeaient tous sur une même ligne, en quelque nombre qu’ils fussent, après avoir tiré au sort la place qu’ils y devaient occuper. En attendant le signal, ils réveillaient leur souplesse et leur légèreté par divers mouvemens qui les tenaient en haleine, et étaient comme autant d’essais de l’agilité et de la vitesse de leurs jambes. ”
“ Il faut se rendre d’abord à des autels qui ne soient pas souillés de sang (car il n’est pas permis d’immoler une victime animée) ; célèbres-y par des vers le Soleil qui brille au loin et la Terre immense, la Terre aux fécondes mamelles, nourrice de toutes choses. Puis il faut jeter dans le feu qui pétille et faire fondre cette pierre qui par la seule odeur apprivoise les dragons. Ceux-ci, voyant la fumée qui s’élève, se pressent autour de l’autel ; ils sortent en rampant de leurs demeures souterraines et regardent attentivement. ”
“ C’est toi qui chasses la maladie loin des hommes souffrans, c’est toi qui par ta grâce ramènes la joie sous les toits des mortels. Le monde, frappé de ta puissance, te désire et la divinité infernale qui préside aux termes de la vie te poursuit de sa haine. O bien-aimée et désirée, tu es la consolation de toutes choses. Sans toi le vieillard n’a aucun bonheur durant ses vieux jours ; Plutus n’est rien pour lui, toi seule tu gouvernes tout, tu règnes sur tout. O déesse sois donc favorable aux vœux de tes prêtres, écarte d’eux les terribles fléaux et les maladies. ”
Pseudo-Orphée, L’Argonautique.
“ Je chantai d’abord l’hymne triste du vieux Chaos, comment les élémens furent distribués, comment naquit le ciel, comment naquirent les terres et les profondeurs des mers ; et l’amour antique et générateur de tous les bons conseils et tout ce qu’il avait engendré, et les séparations qu’il avait établies entre plusieurs choses, et le pernicieux Saturne, et comment l’empire royal des dieux immortels avait été départi à Jupiter le maître de la foudre ; je chantai la race plus récente des mortels bien heureux et leur désaccord, les destins cruels de Brimion, de Bacchus et des Géants ”
“ Une tache réelle que son propre témoignage imprime à sa mémoire, c’est un penchant visible à ce libertinage criminel que des exemples fameux faisaient excuser chez les Grecs, et dont il paraît se vanter lui-même dans plusieurs épigrammes. Disons, pour le disculper, ce que Martial a dit depuis pour sa propre défense, que sa vie peut-être était plus chaste que ses vers, et que ses attachements ne passaient point les bornes prescrites par l’amitié. Il faut même ajouter qu’il en eut certainement de cette espèce dont la vertu la plus austère ne put jamais rougir. ”
“ Écoute-moi, déesse qui guides pour les mortels le char de la lumière, blanche déesse qui fais rayonner sur le monde un doux éclat, messagère dorée du grand Titan le Soleil. Toi qui par ta présence renvoies les épaisses ténèbres de la nuit dans les entrailles de la terre. Conductrice de tous les travaux, distributrice de la vie des hommes, tu fais la joie des mortels ; aucun ne voudrait fuir ton charmant visage. Quand tu chasses loin des paupières le sommeil aimable, les hommes, les reptiles, les quadrupèdes, les oiseaux et tout ce qui habite le sein des mers, tout se réjouit. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ Le nom de Pindare, dit-il, n’est pas moins le nom d’un poëte que celui de l’enthousiasme même ; il porte avec lui l’idée de transports, d’écarts, de désordres, de digressions lyriques. Cependant ce poëte sort beaucoup moins de ses sujets qu’on ne le croit communément. La gloire des héros qu’il a célébrés n’était point une gloire propre à chaque vainqueur : elle appartenait de plein droit à sa famille et plus encore à la ville dont il était citoyen. On disait : Telle ville a remporté le prix de la course aux jeux olympiques. ”
“ Dès qu’ils entendent, même de loin, la vertu, cette mère des héros, ils s’enfuient d’une course précipitée. Ils ont horreur d’elle qui soutient dans le travail, ils ont horreur du travail lui-même qui soutient dans la vie. Ils n’en ont pas pour cela plus de richesses dans leurs maisons et aucun d’eux ne sait honorer les Dieux immortels. Les insensés ! ils ont éloigné des hommes et des villes la science si utile, et ils méprisent ignominieusement Mercure. ”
Pseudo-Orphée, L’Argonautique.
“ Le navire Argo, poussé par un vent favorable, entra à pleines voiles dans le Phasis au cours gracieux depuis le matin, à l’heure où l’Aurore se levait sur le monde immense, jusqu’au soir. Ancée prenant la parole ordonna de plier les voiles, de délier les antennes et de faire route à la rame après avoir abattu le mât. Quand nous fûmes entrés dans le lit du fleuve tranquille, alors les murs et les fortifications d’Eète nous apparurent ; les bois sacrés s’offrirent à nous ; c’était là que se trouvait la toison d’or, suspendue à un humble hêtre. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ La patrie faisait ordinairement les frais d’un monument dont elle partageait la gloire. Le bois sacré de l’Altis était rempli d’une quantité prodigieuse de statues des dieux, des héros, et surtout des athlètes ; on y voyait aussi un grand nombre d’autels et de trophées magnifiques. Si le vainqueur était peu fortuné, il était nourri le reste de ses jours dans le prytanée aux dépens de la patrie, et le trésor lui payait chaque année 500 drachmes, environ 250 francs de notre monnaie. Ils avaient encore la préséance dans les jeux publics, et étaient exempts d’impôt et de toute fonction onéreuse. ”
“ Mère très-auguste de tous les dieux, viens à nous, grande déesse, accours aux sacrifices que nous t’offrons, attèle à ton char les lions terribles qui tuent les taureaux. Reine éternelle de l’univers, célèbre et justement honorée, toi qui te tiens au centre du monde, parce que, bonne déesse, tu commandes à toute la terre et tu nourris les hommes de ton lait divin ; c’est de toi que les dieux et les mortels tirent leur origine, c’est par toi que coule l’élément liquide et la mer elle-même ”
“ Et celui-ci prenant à témoin Phébus, fils de Latone, lui dit les choses que je vais te raconter. Phébus à la brillante chevelure m’apprit encore, à moi enfant, l’art d’interroger l’avenir ; il me fit d’abord prêter serment de ne jamais tenir aux hommes de faux discours. Toutes les choses que je te dis sont donc très-vraies. Maintenant, prête une oreille attentive à mon discours, héros qui lances au loin les traits. La terre noire produit le mal pour les hommes infortunés ; mais en même temps elle produit le remède de chaque mal. ”
Pseudo-Orphée, L’Argonautique.
“ Junon, épouse de Jupiter, envoya aussitôt un vent tranquille, qui poussa le navire Argo dans une douce navigation. Rois infatigables, ils maniaient les rames avec le courage de cœur et la force des bras, et le vaisseau sillonnait la mer immense, rejetant de sa carène rapide de larges flocons d’écume à droite et à gauche. Mais lors que le crépuscule sacré s’éleva au sein du grand fleuve Océan, et que l’aurore le suivit, apportant aux mortels et aux immortels sa lumière délicieuse, alors on aperçut le rivage, les bords et les sommets orageux du Pélion, couvert de bois. ”
“ O reine Junon ! illustre épouse de Jupiter, assise dans tes demeures aériennes et voilées d’azur, qui par de doux zéphyrs favorables charme le cœur des mortels, mère des nuages, génératrice des vents ! sans toi le souffle de la vie n’est pas respirable ; tu pénètres toutes choses en te mêlant au souffle des vents, seule tu règnes sur toute la nature, tu la domines toute entière ; tu viens jusqu’à nous, divine Junon, dans les sifflemens de l’air ; je t’en conjure, divine déesse, grande reine, viens à nous et sois-nous favorable en souriant de ta lèvre bienveillante. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ C’est donc Hercule Idéen qui a eu la gloire d’inventer ces jeux et qui les a nommés olympiques. Et parce qu’ils étaient cinq frères, il voulut que ces jeux fussent célébrés tous les cinq ans. Quelques-uns disent que Jupiter et Saturne combattirent ensemble à la lutte dans Olympie, et que l’empire du monde fut le prix de la victoire. D’autres prétendent que Jupiter ayant triomphé des Titans, institua lui-même ces jeux, où Apollon signala son adresse en remportant le prix de la course sur Mercure et celui du pugilat sur Mars. ”
Pseudo-Orphée, L’Argonautique.
“ Ayant entendu ces paroles prophétiques des flancs d’Argos, ils s’assirent promptement sur les bords et reprirent les rames. Ancée mania habilement le gouvernail et nous arrivâmes à l’île Hibernie ; là un vent rapide et obscur, se précipitant sur notre poupe, emplit nos voiles, et notre navire courut rapidement sur la mer soulevée. En ce moment, aucun de nous n’espéra échapper à la mort, car la douzième aurore avait déjà passé ; aucun de nous n’aurait su non plus où nous étions si Lyncée n’eût parfaitement connu le cours désormais tranquille de l’océan. ”
“ La Lune aux pieds légers et qui porte des cornes, la Lune irritée a le cœur rempli de joie quand elle les voit ainsi succomber à leur mal. Le jais est encore utile aux femmes parce qu’il fait écouler les portions d’humeur qui leur restent au bas du ventre. Ceux que cette pierre a ainsi guéris du mal de ventre se réjouissent, car ces souffrances sont graves et sérieuses. J’ai entendu attribuer encore à la pierre de jais bien d’autres précieuses qualités, mais il suffit qu’elle chasse par son odeur les reptiles dangereux pour qu’elle te charme infiniment. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ Ainsi lorsque Pindare rappelait des traits anciens, soit des aïeux, soit de la patrie du vainqueur, c’était moins un égarement du poëte qu’un effet de son art. Ses digressions, qui le croirait ! sont moins hardies que celles d’Horace. S’il paraît quelquefois quitter son sujet, il ne finit jamais sans y revenir, au lieu que le poëte latin nous laisse souvent où il nous a emportés sans se mettre en peine de nous dire où nous sommes. ”
“ Bonne conseillère des hommes, vierge opulente et très-juste, amie des hommes qui respectent la justice, ô déesse vénérable et bienheureuse, illustre Équité, tu partages entre tous des droits égaux selon des jugemens sacrés. Tu brises tous ceux qui ne veulent pas se soumettre à ton char, et qui, indomptables pour toi, échappent aux coups terribles de ton fouet. Divinité pleine de concorde, équitable pour tous, bienveillante, amie de la paix, le plus désirable des dons de cette vie ; tu hais tout ce qui est faux, tu chéris le vrai ”
Pseudo-Orphée, L’Argonautique.
“ Viens avec nous sur le navire Argo affronter les profondeurs de la mer inhospitalière et les rives difficiles du Phase ; viens, tu nous montreras les routes du Pont-Euxin : ce sera une œuvre agréable aux héros qui attendent le secours de ta lyre et de ta voix divine et qui désirent t’avoir pour aide et compagnon de leurs travaux. Car ils ne se soucient point d’entreprendre sans toi une longue navigation vers des tribus barbares, puisque seul entre les hommes tu as su pénétrer dans les vaporeuses ténèbres, dans les plus profonds abîmes et jusqu’aux entrailles nues de la terre... ”
“ Le fils de Priam, sur le point de mourir, ne pouvait se figurer qu’il fût ainsi venu à la bataille avec ses pieds parfaitement guéris. Le noble héros tua le perfide Pâris, d’après l’ordre qu’Hélénus donnait aux Grecs, d’amener de Lemnos à Troie le meurtrier infâme de son frère. Mais Phébus Apollon donna à celui-ci une véritable pierre d’aimant qui pouvait parler, que quelques hommes ont appelée l’ophite sans âme, pierre dure, raboteuse, noire, épaisse. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ Quelques anciens attribuent à une autre cause l’éclat et la réputation de Phaon : il aurait trouvé cette plante mystérieuse dont parle Pline, l’éryngium, qui avait pour vertu de faire adorer de toutes les femmes celui qui pouvait la découvrir. Sappho d’Érèse, éprise d’amour pour Phaon, ne put lui plaire ; victime de Vénus, elle ne voulut pas supporter ce tourment sans espoir : elle se rendit à Leucade, et du haut du rocher se précipita dans la mer. Cette tradition, pleine de poésie et de sentiment, est devenue populaire par le nom de Sappho ”
“ Or, une hydre affreuse le blessa en lui enfonçant son dard mortel dans la jambe. Le malheureux comprit alors qu’il fallait bien qu’il abandonnât Euphorbe, et c’était là ce qui l’affligeait le plus. Dans sa désolation il étendait ses mains sur ses genoux, j’eus pitié de lui, je lui ordonnai de mettre sur la blessure un peu de poussière de cette pierre broyée. Aussitôt la violente maladie perdit sa force. Tel est le secours que la terre engendre sur les montagnes pour les hommes : c’est un remède pour les héros blessés ”
“ Vulcain tout-puissant, dieu très-fort, flamme éternelle, toujours alimentée par des souffles enflammés, dieu de la lumière, dieu brillant, dieu éternel et rempli d’habileté ; toi qui travailles le fer, pur élément, portion du monde qui dévores tout, qui domptes tout, qui surpasses tout, qui envahis tout. Le soleil, la lune, les étoiles, ne reluisent aux yeux des mortels, ô Vulcain, que comme les membres enflammés de ton corps. Tu fréquentes toutes les maisons, toutes les villes, tous les peuples ; dieu bienheureux et aimable, tu t’insinues dans les membres des mortels. ”
Pseudo-Orphée, L’Argonautique.
“ Dès que le vent eut rempli les voiles de notre vaisseau, et que nous eûmes frappé en les sillonnant les flots sacrés de la mer, il bondit et s’élança sur l’Océan, passant près des confins de la terre de Mysie. Il pénétra aussitôt en courant dans le port de Royndace, il entra dans la baie couverte de sable et toucha au rivage. Prenant les cordes avec leurs mains les héros roulèrent les voiles et les lièrent avec des courroies, ils appuyèrent l’échelle sur la terre et descendirent, poussés par le désir ardent de prendre de la nourriture. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ Mais lorsque les Grecs n’eurent plus de vertus ces institutions détruisirent l’art militaire même. On ne descendit plus dans l’arène pour se former, mais pour se corrompre. Plutarque raconte que de son temps les Romains pensaient que ces jeux avaient été la principale cause de la servitude où étaient tombés les Grecs : c’était au contraire, reprend judicieusement notre profond politique, la servitude des Grecs qui avait corrompu ces exercices. Du temps de Plutarque, l’exercice de la lutte rendait les jeunes gens lâches, les portait à un amour infâme et n’en faisait que des baladins. ”
“ Les immortels écoutent avec plaisir les sacrifices et les prières des hommes qui la possèdent. Si quelqu’un a pressé de son pied nu le dos d’un serpent terrible, que le dard lui ait été enfoncé mortel dans les chairs, la neuritis apaisera ses douleurs. Elle rend un mari l’objet des désirs de son épouse. Pierre divine, utile aux hommes, je sais encore que ta vue est un remède contre la morsure de l’aspic : la couleur est semblable à celle d’un poireau vert. ”
“ Déesse constante, conservant les lois éternelles du ciel et lui faisant accomplir fidèlement ses immenses révolutions ; toi qui accordes aux mortels les bienfaits d’une vie prudente et qui gouvernes tout ce qui respire ; toi dont les sages conseils dirigent toutes choses selon l’équité, déesse toujours favorable aux justes, mais accablant les méchans de punitions sévères, douce déesse qui distribues les biens avec une délicieuse largesse, souviens-toi de nous et prononce notre nom avec amitié. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ La cérémonie du triomphe athlétique se terminait ordinairement par un festin que le peuple donnait à ses dépens au vainqueur, à ses parens et à ses amis, ou que l’athlète donnait à ses frais ; et alors il régalait souvent une grande partie des spectateurs. Quand le peuple en faisait la dépense, les athlètes étaient traités dans les prytanées. Celui d’Olympie, placé dans le bois sacré de Jupiter, auprès du gymnase, avait une salle pour les festins publics. Lorsque les athlètes en faisaient eux-mêmes les frais, ils choisissaient des lieux proportionnés à la multitude des conviés. ”
“ LE CRISTAL. Prenez dans vos mains le cristal brillant et flamboyant, rayon de la divine lumière, le cœur des dieux immortels en est réjoui dans l’immense éther ; si vous approchez du temple en le tenant dans vos mains, aucun dieu ne repoussera vos vœux. Ecoutez-donc afin d’apprendre les vertus de cette pierre brillante : si vous voulez allumer une flamme sans avoir besoin d’un premier tison enflammé, déposez-le sur des morceaux de bois arides. Aussitôt le soleil dardant sur sa face opposée il laissera échapper un petit rayon ”
“ Ouranos, père de toutes choses, partie éternellement agissante du monde, principe et fin de tout l’univers, toi qui fais rouler la terre dans des cercles immenses, demeure des immortels qui tournes en tourbillonnant dans les sphères infinies, dieu céleste et terrestre qui gardes et qui voiles toutes choses, qui résumes en toi seul toutes les lois éternelles de la nature, père éternel, puissant, indomptable, changeant toujours de forme, protecteur universel, créateur de Saturne, le plus grand des dieux, viens à mes prières et accorde la vie au jeune enfant qui sert les mystères. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ La gloire fut toujours pour les Grecs la source de toutes les vertus et le principe des actions les plus héroïques : lois, gouvernement, coutumes, jeux et solennités, tout dans les institutions de ce peuple belliqueux et passionné pour les grandes choses avait été combiné pour entretenir et exciter le feu sacré du patriotisme et de l’émulation. De sages législateurs avaient compris qu’il fallait ouvrir la carrière de la gloire à chaque citoyen, et donner ainsi un noble élan à chaque genre de mérite. ”
“ Phébus à la belle chevelure m’a dit que de toutes les choses qui naissaient, c’était sans contredit la plus belle de la nature ; elle avait été créée par une transformation, ce qui d’abord peut paraître faux, mais ce qui est très vrai. C’est d’abord une herbe verte, elle ne croît pas sur la terre que nous savons être la forte nourrice de toutes les plantes, mais dans la mer stérile, comme les algues, comme les mousses délicates. ”
“ Tu scrutes les mystérieuses pensées des cœurs mortels. Eternelle et redoutable, rigide observatrice des droits sacrés, tu changes selon ton gré les volontés humaines. Tous les hommes attachés à cette vie reconnaissent ton pouvoir ; tu pénètres dans l’intérieur des âmes, rien ne t’est caché : tu rends à la raison tout son empire lorsqu’une passion mauvaise a fait secouer son joug. Tu vois tout, tu entends tout, tu gouvernes tout. En toi reposent les droits des mortels, déesse puissante ; sois favorable aux prêtres qui célèbrent tes mystères, prête-leur ton secours ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ Aussi l’enthousiasme des convives semblait se communiquer au poète : son esprit s’enflammait ; et alors ses chants s’élevaient véritablement à la hauteur de son sujet. Ainsi, quelque magnifiques, quelque sublimes que soient les expressions figurées de Pindare pour représenter la gloire dont se couvraient les vainqueurs, elles ne sont ni outrées ni hyperboliques et ne font que retracer la haute idée que les Grecs eux-mêmes en avaient. Ce peuple éclairé ne concevait rien de comparable ; il ne croyait pas qu’il fût permis à un mortel de porter ses désirs plus loin ”
“ Je m’adresse aux hommes prudens dont l’esprit est intègre et sait obéir aux Dieux ; car un fou ne peut jamais trouver de secours efficace dans ses maux. Le fils de Latone, ravi de ce don précieux, et la prudente Minerve conduisirent le belliqueux Hercule auprès des Immortels, dans l’Olympe neigeux. Chiron, fils de Saturne, traversa aussi l’immense Éther pour entrer dans l’Olympe, où il apprit les secrets divins de l’art de guérir. Les palais immenses de Jupiter accueillirent avec joie ces descendans illustres des Dieux. ”
“ Titan célèbre, dieu de Smynthée, qui tuas le serpent Python ; toi qui portes la lumière, dieu champêtre, noble, adolescent ; Musagète, chef des muses, toi qui lances au loin tes flèches, dieu jumeau, habitant des collines, roi de Délos, qui d’un regard bienveillant distribues aux hommes les flots de la lumière divine ; dieu à la chevelure d’or, dont les préceptes et les oracles sont infaillibles, regarde-moi favorablement du haut du ciel, moi qui prie pour le peuple : car tu vois au-dessus des plaines immenses du firmament, au-dessus de la terre féconde ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ La cessation entière des jeux olympiques arriva la deux cent unième olympiade, à compter de celle de Corœbus, l’an du monde 3977 ; de la fondation de Rome 783, et de notre ère le vingt-huitième. Cette Olympiade se trouve inscrite du nom d’Hermogène, de Pergame, qui fut sans doute le dernier vainqueur à la course des chars. Rome, qui jusque-là s’était contentée de vaincre l’univers, vaincue à son tour par le luxe de la Grèce subjuguée, voulut plaire et avoir ses spectacles, ses cirques, ses amphithéâtres. ”
“ Foudre terrible accompagnée d’une effroyable crinière, messagère ardente d’une main victorieuse, toi qui dévores toute arme indomptable et horrible, qui plonges toutes choses dans l’horreur et le tumulte, arme de Jupiter, trait rapide qui traverses les cieux précédé d’une flamme vengeresse, la terre nourricière, féconde, l’océan salé, les siècles vivans te craignent lorsque ton bruit épouvantable se fait entendre : alors on voit une lueur et un éclair rouge, et tu lances dans le ciel, dieu puissant, tu lances ta foudre étincelante. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ C’est aussi ce qui causa l’étonnement de Tigrane, l’un des principaux chefs de l’armée de Xercès, lorsque, entendant raconter ce qui faisait le prix de ces jeux, il s’écria, en s’adressant à Mardonius, général de l’armée persane : « Ciel ! avec quels hommes nous allez-vous mettre aux mains ! Insensibles à l’intérêt, ils ne combattent que pour la gloire ! » Exclamation pleine de sens et de sagesse, qui fut regardée par l’orgueilleux Xercès comme l’effet d’une honteuse lâcheté. Longtemps les Grecs bornèrent toute leur ambition à de simples couronnes ”
“ J’invoque le Génie au grand cœur, dieu vénérable, Jupiter bienveillant, qui engendres toutes choses et qui distribues la vie aux mortels, Jupiter tout-puissant, maître universel, présent dans tout l’univers ; dispensateur des richesses, entre sous mon toit avec un signe de bon augure. C’est toi qui fais cesser les infirmités de la vie humaine, tu tiens dans tes mains la clé de la joie et des chagrins. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ Vis-à-vis on voyait un autel de marbre blanc avec la statue de Cérès Chamyne. Des deux côtés, dans toute la longueur, au-dessus et au-dessous de ces premières places, étaient celles des spectateurs ; les plus commodes étaient réservées aux personnes de distinction ; et à l’égard du peuple, qui accourait en foule à ces fêtes, il se plaçait où il pouvait sur la colline appelée par Pindare le Promontoire de Saturne ou Cronium ; elle bornait la lice d’un côté et formait un amphithéâtre capable de recevoir une grande multitude de spectateurs. ”
“ Parques infinies, filles de la nuit obscure, je vous implore, ô vous qui sur les bords du marais céleste, aux lieux où une eau sombre coule éternellement d’une fontaine infernale sous un épais brouillard, présidez aux âmes des morts qui sont réfugiées dans les profondeurs de la terre, vous venez aux demeures tumultueuses des hommes, accompagnées de l’Espoir et les yeux couverts de voiles de porphyre ; ainsi traînées par vos rapides coursiers, vous arrivez dans le champ fatal, aux limites de la Justice, de l’Espoir et des Inquiétudes, car la Parque est la maîtresse de la vie. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ Mais, outre le puissant aiguillon de la gloire, ces jeux, si conformes à l’humeur guerrière des Grecs, avaient encore l’avantage de former leurs jeunes gens à la profession des armes ; ils fortifiaient leurs corps, les rendaient plus robustes, plus capables de supporter les travaux et les fatigues de la guerre ; en un mot, plus fermes et plus adroits dans les combats, où l’on s’approchait de près et où la force du corps décidait ordinairement de la victoire. ”
