Pseudo-Orphée

Résumé

Pseudo-Orphée L’Argonautique.

Junon, épouse de Jupiter, envoya aussitôt un vent tranquille, qui poussa le navire Argo dans une douce navigation. Rois infatigables, ils maniaient les rames avec le courage de cœur et la force des bras, et le vaisseau sillonnait la mer immense, rejetant de sa carène rapide de larges flocons d’écume à droite et à gauche. Mais lors que le crépuscule sacré s’éleva au sein du grand fleuve Océan, et que l’aurore le suivit, apportant aux mortels et aux immortels sa lumière délicieuse, alors on aperçut le rivage, les bords et les sommets orageux du Pélion, couvert de bois.
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Pseudo-Orphée L’Argonautique.

Nul repos dans leur pénible labeur : précipités par les ouragans contraires, ils retombent à l’envi les uns sur les autres, et le bruit tumultueux se répand au-delà de la mer et du ciel spacieux, le bruit de l’onde qui se brise et de la mer profondément émue. Et la mer immense résonne dans les bouillonnemens des flots. J’avais annoncé toutes ces choses à Hayniades, afin qu’il veillât du haut de la poupe, de peur de s’exposer à quelque danger. L’ayant entendu, il resta stupéfait dans son esprit ; mais seul entre tous les héros il cacha dans son cœur ce qui devait arriver.
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Pseudo-Orphée L’Argonautique.

Ayant entendu ces paroles prophétiques des flancs d’Argos, ils s’assirent promptement sur les bords et reprirent les rames. Ancée mania habilement le gouvernail et nous arrivâmes à l’île Hibernie ; là un vent rapide et obscur, se précipitant sur notre poupe, emplit nos voiles, et notre navire courut rapidement sur la mer soulevée. En ce moment, aucun de nous n’espéra échapper à la mort, car la douzième aurore avait déjà passé ; aucun de nous n’aurait su non plus où nous étions si Lyncée n’eût parfaitement connu le cours désormais tranquille de l’océan.
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