Résumé

Amélie Chevalier Les voyageuses au XIXe siècle

Je ne sais si je pourrai vous donner une idée de ce désert, qui paraissait plus étrange encore en le voyant, comme nous, pour la première fois, au moment où l’aurore l’éclairait peu à peu et où le soleil, pareil à une grosse boule rouge, se montrait tout au bord, à l’orient. Si vous pouvez vous figurer un océan de sable au lieu d’un océan d’eau, vous aurez une faible image de ce que nous avons vu autour de nous pendant des lieues et des lieues. Et ce n’était pas un océan paisible, mais avec d’énormes vagues comme immobilisées par une baguette magique.
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Amélie Chevalier Les voyageuses au XIXe siècle

Un rivière, sortant d’une étroite fente du rocher, ne faisait qu’un bond du bord du précipice jusque dans la vallée, un bond de six cents pieds. « On voit d’abord la masse bleue de l’eau qui se transforme en nuage d’écume et finit par se perdre dans un brouillard irisé. Imaginez-vous qu’à l’ombre des palmiers et des bananiers aux larges feuilles, à travers un rideau de fougères et de lianes, vous contemplez le Staubach, en Suisse, mais bien plus élevé et se détachant sur un fond de montagnes vertes, et vous aurez quelque idée de la cascade de Fuatawah. »
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Amélie Chevalier Les voyageuses au XIXe siècle

Ces points lumineux, changeant à chaque instant de place, ressemblaient aux feux follets qui séduisent et trompent les voyageurs. Les campements des Kalmouks, masses noires qui semblaient glisser sur la surface du steppe ; l’obscurité de la nuit, la rapidité avec laquelle notre troïka nous emportait à travers l’immensité de la plaine ; la clochette de poste, dont le son aigu vibrait dans l’espace ; et, bien au-dessus de tout cela, l’idée que nous étions dans le pays des Kalmouks, avaient produit en moi une excitation fébrile qui me tint constamment éveillée.
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