Résumé

Émile Sicard Le Jardin du Silence et la Ville du Roy

Car une ombre pesait sur mon cœur qui vacille,
Découronnant mes jours.
Mes mains n’étreignent plus cette chair palpitante
De l’âcre volupté.
Mes cyprès et mes pins ont la voix consolante
De l’immortalité.
Je change de rosier quand l’élan de ma vie
Garde encor sur ses traits
D’une part la douleur, d’une autre l’harmonie
Qu’augmentent mes regrets.
Ils ne sont point porteurs des vaines pénitences
Et des chers repentirs ;
Ils ne sont les enfants que de cette distance
Creusée par l’avenir.
Sait-on jamais ce qui vaut mieux d’un paysage,
D’une aurore ou d’un soir ?
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Émile Sicard Le Jardin du Silence et la Ville du Roy

Les hommes ont dressé les meules sur les aires ;
Et dans la paix du jour, qui fleurit de la terre,
Les amandiers montent la garde en souriant.
On dirait, au soleil, des palais d’Orient
Qui pourraient contenir des armées écarlates.
La plaine est un vaisseau dont les flancs roux s’écartent
Pour déposer, plus tôt, sur les rives du blé,
L’amour de ce ferment qui s’est amoncelé.
C’est la fin de l’été. La vendange apaisée
Ne laisse qu’une odeur de grappes écrasées.
Dans l’air que le vent presse entre ses bras fuyants
Tout est pur, tout est calme et tout est confiant.
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Émile Sicard Le Jardin du Silence et la Ville du Roy

Moins qu’une lèvre heureuse et qu’une vigne morte,
Moins qu’un parfum d’aisselle et qu’une odeur de pin
Ta victoire m’est chère, ô splendide Romain
Dénouant son armure aux plaines de Pourrières.
Où tu mis ton ardeur règne la joie des aires,
Où tu mis des tombeaux murît le champ de blé.
Comment veux-tu, Romain, que ton front étoilé
Éclaire ma maison, mon jardin, mon ouvrage,
Puisque l’Arc de triomphe est sous le paysage
Et puisqu’à ces ruisseaux de sang que tu creusais
Je préfère le goût des figues et du lait ?
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