Résumé

Portrait de Francis Carco Francis Carco Au vent crispé du matin

L’homme s’approche. Ils sont nombreux avec le même désir. Ceux qui ont bu, ceux qui n’ont pas bu... Les autres, peu sûrs d’eux mêmes, conduisent une fille dans une loge. Ils envahissent les bars à l’entr’acte et, de leurs hauts tabourets, regardent la foule. La foule ne les regarde pas. La foule s’absorbe dans un intense frémissement.
Le Bar De grosses tulipes de lumière jaune ruissellent, écrasées dans les glaces. J’aime ce bar de métal clair, d’une ligne sobre et colorée. Des citrons, qu’on épluche, répandent une attirante odeur d’éther.
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Portrait de Francis Carco Francis Carco Au vent crispé du matin

L’ombre des saules, fouillis menu défend mal du soleil. Sur le dos, je mesure le ciel creux sans un nuage. L’eau n’est qu’une croûte d’azur : elle luit, elle est dure, elle est épaisse et difficile. Je me couche sur le ventre et je mâche une queue sucrée d’herbe sauvage. Je pense à un poème que j’écrirai sur la Garonne avec ma volupté sage de dormeur. Puis je me reprends. Tout à l’heure je vais m’éloigner. Je me vois, debout, regardant le paysage qui s’est levé avec mes yeux.
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Portrait de Francis Carco Francis Carco Au vent crispé du matin

INSTINCTS
à Roger Frêne Le Boulevard La fraîcheur vive du boulevard pourri d’automne. Les larges feuilles des platanes dégringolent. C’est un écroulement imprévu et bizarre dans la lumière croisée des lampes à arc. Il tombe une petite pluie menue, serrée, que le vent incline parfois sur les visages. La nuit est parfumée de l’odeur des feuillages gâtés : elle sent encore l’ambre et l’œillet, la poudre, le fard et le caoutchouc des imperméables.
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