René Maizeroy

René Maizeroy

Résumé

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy La joie d'aimer (1884)

Rien ne vient en troubler la solitude profonde. La futaie l'enserre comme d'une ceinture verte. Pas d'autre bruit que le vent dans les feuilles, que le monotone clapotis de l'eau et des appels de hérons qui s'abattent sur les roseaux. Qu'on travaillerait bien dans ce coin abandonné ! Ce serait à l'intérieur comme un boudoir tiède, saturé de la même odeur — celle qu'elle préfère — avec des tentures de peluche rose, les bibelots les plus aimés et des meubles bas. Un nid d'amour où l'amour deviendrait meilleur à savourer, si tendre, si despotique qu'on en oublierait le monde entier!
Source : Gallica

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy La joie d'aimer (1884)

L'air était limpide et si odorant qu'on se serait cru dans un verger en fleur, un verger d'amandiers et de pruniers. C'était divin d'être deux, d'être seuls, de s'adorer dans ce silence de solitude, dans cette fraîcheur attiédie, dans cet encensement de parfums vanillés. Nous n'osions plus nous effleurer. Et toute rose, extasiée, elle cueillit le bouquet de pâquerettes et le noua d'un de ses cheveux blonds. Et sur les fleurs, elle appuya ses lèvres longtemps, longtemps, comme pour leur glisser tout son amour.....
Vous rappelez-vous tout cela — encore?
BÉBÉS
BÉBÉS
J'adore les enfants.
Source : Gallica

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy La joie d'aimer (1884)

Eva éclatait de rire en se rappelant cette phrase. S'adorer. Allons donc! Un feu de paille qui flamberait de suite et qu'elle éteindrait en le piétinant des talons rouges de ses mules. Pour le reconquérir, elle n'aurait qu'à tendre à Robert une dragée entre ses dents de nacre, qu'à lui faire respirer l'odeur de son corset ou de ses petits pantalons de surah, qu'à se décoiffer devant lui,
qu'à flirter cinq minutes sur un divan étroit, qu'à lui montrer d'un regard prometteur l'alcôve entr'ouverte.
Source : Gallica

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