Résumé

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy Le capitaine Bric-à-Brac (moeurs militaires… (1880)

Toute la nuit madame Paulinot fut agitée par des cauchemars qui la dressaient sur son séant, épeurée, le cœur battant à coups précipités. Et, dès qu'elle refermait les yeux, elle voyait des torses de femmes nues qui
s'enlaçaient en des contorsions lubriques et le capitaine en grande tenue vautré dans un ruisseau d'égoût.
La pluie tombait, rayant l'horizon de diagonales grises, rejaillissant en grosses gouttes sur les pavés, et l'eau du ruisseau montait, couvrant peu à peu le corps et le visage de Saturnin sous une nappe limoneuse.
Source : Gallica

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy Le capitaine Bric-à-Brac (moeurs militaires… (1880)

Et, oubliant qu'il était assis à table, qu'il n'était pas seul, que sa belle-mère l'observait, Paulinot joignait les mains pour supplier le mort de ne rien dire devant Jacques, d'attendre le sommeil de l'enfant pour exécuter son couvre de châtiment; puis, d'un effort machinal, il serrait la plaque d'émail de sa croix la couvrant de ses cinq doigts écartés et raidis, comme s'il eût tenté de
préserver sa poitrine de cette dégradation publique.
Source : Gallica

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy Le capitaine Bric-à-Brac (moeurs militaires… (1880)

Madame Paulinot mangeait d'un air maussade. Il eût voulu la voir sourire, entendre de sa bouche une de ces pa- roles aimantes qui évoquent tout le passé
heureux et calme du mariage. Mais la pauvre femme sentait encore sur ses lèvres cette âcre amertume que la faute inavouée de Saturnin avait remuée dans son âme dormante.
Elle ne pouvait plus lui parler. Il lui semblait que les vêtements, que toute la peau de son mari étaient imprégnés d'une odeur de femme, qu'en l'embrassant, il lui resterait à la bouche les chaleurs des baisers souillés de cette maîtresse inconnue.
Source : Gallica

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