Résumé

Thérèse Raquin/Texte entier

“ Dieu était mauvais ; il aurait dû lui dire la vérité plus tôt, ou la laisser s’en aller avec ses innocences et son aveuglement. Maintenant, il ne lui restait qu’à mourir en niant l’amour, en niant l’amitié, en niant le dévouement. Rien n’existait que le meurtre et la luxure.
Hé quoi ! Camille était mort sous les coups de Thérèse et de Laurent, et ceux-ci avaient conçu le crime au milieu des hontes de l’adultère ! Il y avait pour madame Raquin un tel abîme dans cette pensée, qu’elle ne pouvait la raisonner ni la saisir d’une façon nette et détaillée.
”
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Thérèse Raquin/Texte entier

“ La tête du noyé éclata de rire.
Chaque fois qu’il croyait reconnaître Camille, Laurent ressentait une brûlure au cœur. Il désirait ardemment retrouver le corps de sa victime, et des lâchetés le prenaient, lorsqu’il s’imaginait que ce corps était devant lui. Ses visites à la morgue l’emplissaient de cauchemars, de frissons qui le faisaient haleter. Il secouait ses peurs, il se traitait d’enfant, il voulait être fort ; mais, malgré lui, sa chair se révoltait, le dégoût et l’effroi s’emparaient de son être, dès qu’il se trouvait dans l’humidité et l’odeur fade de la salle.
”
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Thérèse Raquin/Texte entier

“ Tant que j’ai écrit Thérèse Raquin, j’ai oublié le monde, je me suis perdu dans la copie exacte et minutieuse de la vie, me donnant tout entier à l’analyse du mécanisme humain, et je vous assure que les amours cruelles de Thérèse et de Laurent n’avaient pour moi rien d’immoral, rien qui puisse pousser aux passions mauvaises. L’humanité des modèles disparaissait comme elle disparaît aux yeux de l’artiste qui a une femme nue vautrée devant lui, et qui songe uniquement à mettre cette femme sur sa toile dans la vérité de ses formes et de ses colorations. ”
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