Émile Zola

Émile Zola

Résumé

Portrait de Émile Zola Émile Zola Thérèse Raquin (1868)

Thérèse se leva, prit le verre, le vida à moitié et le tendit à Laurent qui l'acheva d'un trait. Ce fut un éclair. Ils tombèrent l'un sur l'autre, foudroyés. La bouche de la jeune femme alla heurter, sur le cou de son mari, la cicatrice qu'avaient laissée les dents de Camille.
Les cadavres restèrent toute la nuit sur le carreau de la salle à manger, tordus, vautrés, éclairés de lueurs jaunâtres par les clartés de la lampe que l'abat-jour jetait sur eux. Et pendant près de douze heures, jusqu'au lendemain vers midi, madame Raquin, roide et
muette, les contempla à ses pieds.
Source : Gallica

Portrait de Émile Zola Émile Zola Thérèse Raquin

Oh ! mon Dieu ! mon Dieu ! c’est toi qui l’as tué.
— Tu mens ! cria l’assassin avec véhémence, avoue que tu mens... Si je l’ai jeté à la Seine, c’est que tu m’as poussé à ce meurtre.
— Moi ! moi !
— Oui, toi !... Ne fais pas l’ignorante, ne m’oblige pas à te faire avouer de force la vérité. J’ai besoin que tu confesses ton crime, que tu acceptes ta part dans l’assassinat. Cela me tranquillise et me soulage.
— Mais ce n’est pas moi qui ai noyé Camille.
— Si, mille fois si, c’est toi !... Oh ! tu feins l’étonnement et l’oubli.
Source : Wikisource

Portrait de Émile Zola Émile Zola Thérèse Raquin (1868)

Rien n'existait que le meurtre et la luxure.
Hé quoi ! Camille était mort sous les coups de Thérèse et de Laurent, et ceux-ci avaient conçu le crime au milieu des hontes de l'adultère ! Il y avait pour madame Raquin un tel abîme dans cette pensée, qu'elle ne pouvait la raisonner ni la saisir d'une façon nette et détaillée. Elle n'éprouvait qu'une sensation, celle d'une chute horrible ; il lui semblait qu'elle tombait dans un trou noir et froid. Et elle se disait : « Je vais aller me briser au fond. » Une sorte de stupeur donnait à son esprit la rigidité de sa chair.
Source : Gallica

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