René Maizeroy

René Maizeroy

Le Boulet (1886)

Résumé

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy Le Boulet (1886)

L' argent coulait entre les doigts de Germaine comme des gouttes d' eau par la fêlure d' une cruche brisée . Elle revivait . Elle pouvait enfin ne penser qu' à sa beauté , être coquette , ne plus hésiter devant un chapeau ou une robe qui coûtent trop cher , ne plus envier ses camarades du Sacré-Cœur . Elle se dépensait et cette existence de fièvre , désorientée , fantaisiste , affolante , loin de l' épuiser , l' éperonnait , lui tendait les nerfs , la rendait si jolie avec ses paupières cernées , sa figure décidée que M. de Despeyroux en perdait la tête .
Source : Gallica

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy Le Boulet (1886)

Il ne pouvait plus douter de l' ignominie de sa femme . Il l' attendrait . Il lui barrerait le passage . Il l' écraserait tout à l' heure sous ses talons comme une bête dangereuse . Il maudissait le jour néfaste où il l' avait rencontrée , où il s' était englué le cœur à sa beauté rayonnante . Il se souvenait du bal où ils avaient valsé et échangé des confidences si douces , du frisson qu' il avait eu en lui baisant la main pour la première fois , de leurs flâneries d' amour sous
les arbres roses , de leur mariage où les Pénitents l' avaient hué et des folies de la lune de miel .
Source : Gallica

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy Le Boulet (1886)

M. de Despeyroux avait une peur effrayante de mourir . Il se vit déjà condamné , étendu dans un lit de douleur , vomissant ses poumons en des quintes de toux atroces et les lèvres desséchées de soif . Et malgré la passion inapaisée qui l' aiguillonnait , il se sépara de Germaine , s' exila de sa chambre comme d' un Paradis et accepta le cruel supplice de vivre auprès d' elle sans jamais l' emprisonner de ses bras , l' effleurer de ses lèvres .
Source : Gallica

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