René Maizeroy,
La Dernière croisade, moeurs parisiennes
(1883)
“ Mohilow se taisait, troublé comme il ne l'avait jamais été auprès d'une femme. La voix assoupissante, le rire clair de Régine pénétraient son cerveau et son cœur. Une sensation forte le grisait, l'enveloppait. Il devenait gauche, timide, lui qui maniait les femmes comme des poupées offertes à l'étalage d'un bazar, qui prostituait l'amour à d'infâmes besognes avec désinvolture. Etait-ce l'ombre parfumée du salon ? Était-ce le silence profond où les paroles avaient une sonorité musicale ? Étaient-ce les cheveux blonds de Régine, luisant comme une toison d'or sur la soie éteinte du canapé ? ”

