Résumé

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy La Dernière croisade, moeurs parisiennes (1883)

Je serai votre petite sœur, s'écriait-elle en riant.
Et il se pliait sous le joug de ses mains capricieuses d'enfant gâtée. Elle le maniait comme de la cire molle. Elle le guidait. Elle lui avait choisi son tailleur, son tapissier, son entresol sur l'avenue des Champs-Elysées. Elle entrait impérieusement dans la vie de M. de Taillemaure. Puis, jugeant cette flirtation suffisante, lasse d'attendre les avances d'un homme indécis et timide qui n'avait pas seulement osé encore lui murmurer : « Je vous aime » dans le creux de l'oreille, Régine brusqua le dénouement avec une crânerie d'aventurière.
Source : Gallica

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy La Dernière croisade, moeurs parisiennes (1883)

Mohilow se taisait, troublé comme il ne l'avait jamais été auprès d'une femme. La voix assoupissante, le rire clair de Régine pénétraient son cerveau et son cœur. Une sensation forte le grisait, l'enveloppait. Il devenait gauche, timide, lui qui maniait les femmes comme des poupées offertes à l'étalage d'un bazar, qui prostituait l'amour à d'infâmes besognes avec désinvolture.
Etait-ce l'ombre parfumée du salon ? Était-ce le silence profond où les paroles avaient une sonorité musicale ? Étaient-ce les cheveux blonds de Régine, luisant comme une toison d'or sur la soie éteinte du canapé ?
Source : Gallica

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy La Dernière croisade, moeurs parisiennes (1883)

Le chambellan très respectueux lui donnait le bras avec un si drôle d'air empressé et inquiet que Rose Poivron en avait ri comme une toquée toute seule.
— La reine a donc abdiqué encore ? fit La Croix-Ramillies.
Pauvre vieille reine, à quel ténor allail-elle se vouer si Mohilow courait le guilledou comme un bachelier sentimental ! Comment remplacerait-elle cet amant incomparable qu'elle avait formé soigneusement, qu'elle avait élevé comme un oiseau garde dans une volière et auquel on apprend des serinettes? Elle était capable d'en faire une maladie et, qui sait, d'en mourir.
Source : Gallica

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