Mathilde Kindt

Résumé

Mathilde Kindt,  Pour se damner

“ Pour vous, je brise ma carrière, j’oublie mon devoir, la colère de mes chefs ; votre mari ne saura jamais rien ; vous l’adorez, il reviendra près de vous, et vous penserez quelquefois à celui qui vous aura rendu le bonheur. — Assez, Monsieur, dit la comtesse d’une voix ferme ; il serait inutile, je crois, de faire un appel à votre cœur, de vous supplier...
— Oh ! tout à fait inutile ! répondit-il avec un sourire cruel ; la vie du comte de Maillecraye est dans vos mains.
”
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Mathilde Kindt,  Pour se damner

“ Écoute-moi, petite, lui dit-il, et ne t’effraye pas ! Veux-tu que je devienne ton mari ? Je suis riche, je t’aime comme si tu étais ma fille et je ne serai jamais en effet que ton père. J’ai soixante-quinze ans, je ne vivrai pas toujours, tu me promettras d’être une honnête femme, et après moi, tu épouseras celui que tu voudras. Tu n’as pas dix-sept ans, rien ne presse ; le projet te va-t-il ?
Je crois bien qu’il lui allait ! elle sauta au cou de son ami, et quinze jours après, on les mariait dans la chapelle du couvent.
Alors commença pour Thérèse une existence enchantée.
”
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Mathilde Kindt,  Pour se damner

“ Il ne prononça pas le nom de la comédienne ni ne parla de ses souffrances ; d’ailleurs, il ne voulait plus mourir puisqu’il aimait Margot maintenant.
Puis il était toujours temps ; après tout, l’amour n’est-il pas le plus doux des suicides ?
Et il adora Margot qui lui donna tout, et toute son âme.
⁂ Cela dura trois mois, trois mois d’ivresses exquises, de longs baisers, de tendresses folles ; on roucoulait sur les étangs, dans les bois, au haut des montagnes, au milieu des prairies ; tout était rayons et chansons, surtout la chanson des baisers, celle-là l’écho la répétait du matin au soir.
”
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