Mathilde Kindt

Élements biographiques

Mathilde Kindt,  Le Oui et le non des femmes

“ Tout à coup Caroline courut à George, et, l’étreignant avec force :
— Non, je ne veux pas, je ne veux pas renoncer à toi ! c’est horrible ! Mais tu ne sais donc pas que je t’aime ?
George ferma les yeux.
— Caroline !... s’écria-t-il.
— Non, non, tout cela est impossible ! nous sommes insensés ; rien ne doit nous séparer. Emmène-moi !... partons !... Vois-tu, te quitter, j’en mourrais... Toi-même... George, reste ! Lucien guérira, nous le consolerons ; je ne sais pas, moi, je ne sais pas ce qu’il faut faire ; mais il comprendra... Mais il faut que tu restes, enfin !
”
Source : Wikisource

Mathilde Kindt,  Le Oui et le non des femmes

“ Tous se récrièrent ; les femmes, à l’exception de Caroline, qui écoutait attentivement et sans sourire, se voilèrent les yeux avec des gestes d’horreur. Gaston rit aux éclats ; Lucien sourit de pitié.
— Oui, mesdames ; oui, messieurs, reprit l’artiste avec sang-froid, elle doit être femme de ménage. Je suis très-poétique, moi ; j’ai la poésie du foyer, le lyrisme du pot-au-feu. J’ai la faiblesse de croire que l’existence domestique peut occuper les instants d’une femme sans absorber ses idées ; que la culture des sentiments moraux ne force pas à sacrifier la culture de l’intelligence.
”
Source : Wikisource

Mathilde Kindt,  Impressions d’une femme au salon de 1859

“ Mais combien plus touchante encore est cette peinture interrompue par la mort ! Ici c’est la destinée même qui a arrêté le mouvement, la vie, de son doigt implacable. La pendule n’a gardé que l’heure, la peinture a gardé l’heure et l’âme aussi...
Mais, pardon, je suis femme, laissez-moi pleurer...
Haute et douloureuse leçon. — Il y a je ne sais plus où un caveau funéraire sur la porte duquel est écrit ce mot latin que je me suis fait traduire : Reminiscere. Eh bien ! de quoi s’agit-il, après tout, pour nous tous, artistes, écrivains, philosophes, poëtes, femmes, enfants ?
”
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature