Résumé

Eugène Deligny Une famille d'Arlequins : deuxième étude des cabotins (1877)

Je fus éloquente, en brodant sur le thème : noblesse oblige. Et ma voix fut entendue. Le baron répondit : — Madame, c'est le sacrifice de tous mes goûts, c'est le sacrifice de ma fortune que vous me demandez. Je l'eusse refusé à votre fils, je le ferai pour vous.
Il l'a fait pour moi, monsieur le marquis, pour moi seule, car il a ajouté avec un élan plein de passion, avec un élan irrésistible : par amour pour vous. Il m'aimait déjà depuis.
— Assez ! Taisez-vous, madame ! dit mon filleul
en grinçant des dents.
Source : Gallica

Eugène Deligny Une famille d'Arlequins : deuxième étude des cabotins (1877)

Ce jour-là, le comte de Ventabolle lui dit : - Mon fils, vous avez reçu l'instruction qu'un gentilhomme doit posséder, et aussi un bourgeois, car les mêmes obligations sont imposées depuis longtemps, à cet égard, aux deux classes de la société. Si vous voulez n'être que le marquis de Lauradour, dépensant ses revenus, brillant dans le monde par son titre nobiliaire, par son faste, par le charme de sa figure et celui de sa conversation, vous êtes assez bien nommé, assez riche, assez beau et assez érudit pour mener cette existence avec un grand éclat. Vous n'avez rien de plus à apprendre.
Source : Gallica

Eugène Deligny Une famille d'Arlequins : deuxième étude des cabotins (1877)

La loi s'oppose à notre mariage, mais elle ne s'oppose pas à l'union de nos âmes, et nos âmes sont unies pour toujours. C'est Dieu qui a joint nos deux cœurs ; les hommes ne les diviseront pas et ne les empêcheront pas de battre l'un pour l'autre. Aucun orage ne troublera désormais notre amour chaste, et éternel par sa chasteté même. Nous serons heureux et personne ne connaîtra notre bonheur.
— Je suis heureuse déjà ! s'écria Nathalie ; je le suis tellement, que je crains de faire un songe.
René poursuivit : — Je vais rompre l'accord que votre silence a consacré dans cette maison.
Source : Gallica

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