Ban-Saint-Martin

Définition et enjeux

Portrait de René Maizeroy René Maizeroy L'amour prodigue

Dans la brume de mes souvenirs d'enfant, je vois au Ban-Saint-Martin — ce coin paisible et fleuri de la banlieue de Metz — un jeu de boules qu'encadrent des tables de guinguette et des trembles, et toujours assis à la même place avec, à portée de la main, un pichet de vin gris, une sorte de géant qui n'a plus que la peau sur les os, une peau ridaillée, reprisée, racornie, rougeâtre, qu'un œil sans cesse en éveil sous des sourcils d'une teinte de cendre, qu'un bras dont les gestes saccadés ont un air de défi.
Source : Gutenberg

Charles Fay Journal d'un officier de l'armée du Rhin… (1871)

Mais au Ban-Saint-Martin, quel spectacle s'offre encore à ma vue ! La place est encombrée des chevaux et des voitures à livrer à l'ennemi ; la pluie, qui tombe sans interruption depuis plus de 48 heures, forme une épaisse flaque de boue. Le long des glacis de la place, s'acheminent, à travers la brume, les troupes de la garde; elles se dirigent, calmes et résignées, sur la route de Nancy, pour y défiler devant nos ennemis, et chercher ensuite un bivouac humide, en attendant leur envoi en Allemagne.
Source : Gallica

Gustave Marchal Le drame de Metz (1890)

Le temps est affreux, il pleut presque toute la journée et le Ban Saint-Martin n'est qu'un amas de boue. J'en ai fait le tour ce soir, pendant une éclaircie, à la tombée de la nuit, qui vient vite dans cette saison; je me suis arrêté près de chaque bivouac
Source : Gallica

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