Résumé

Edmond Bapst Siège de Metz en 1870 , d'après les notes manuscrites laissées par Germain Bapst (1926)

« Jetez-moi par-dessus bord, si bon vous semble, concluait Régnier dans un élan pathétique, mais profitez des réalités que je vous apprends et des conseils que je me permets de vous donner. La paix est préparée, vous n'avez qu'à la signer. Le temps presse, hâtez-vous; chaque heure qui s'écoule coûte à la France de nouveaux sacrifices. Rappelez-vous la date inexorable; Metz succombera le 18 de ce mois, le maréchal Bazaine l'a dit. Madame, sauvez l'armée, sauvez la France. »
— Monsieur, répondit l'impératrice, je blâme sévèrement votre conduite; vous avez abusé de mon nom
Source : Gallica

Edmond Bapst Siège de Metz en 1870 , d'après les notes manuscrites laissées par Germain Bapst (1926)

De quel droit ? Nous ne sommes pas bien commandés ; j'en soutire trop pour le nier : le maréchal Bazaine n'a rien fait de ce que j'aurais fait moi-même, mais est-ce une raison pour vous déshonorer? D'ailleurs, supposez le succès de votre entreprise et le général Changarnier proclamé commandant en chef. Avec vous qui m'aimez, je ne ferai pas le modeste, je me reconnais le don du commandement. Mais moins estimé après une élévation obtenue par des moyens déshonnêtes, je serais moins fort contre les mécontents, les jaloux, les factieux; ils auraient appris comment on se défait d'un chef.
Source : Gallica

Edmond Bapst Siège de Metz en 1870 , d'après les notes manuscrites laissées par Germain Bapst (1926)

Au cours de leur conversation, M. Jules Favre avait déclaré être sûr de l'armée de Metz, et c'était pour s'en assurer que Régnier venait.
« L'armée n'est pas à la disposition de M. Jules Favre, répondit le maréchal. Il y a peu de jours, j'ai eu l'occasion de connaître l'opinion des généraux. Tous ont en moi une absolue confiance. Pour eux comme pour moi, M. Jules Favre dit le contraire de la vérité ».
Le maréchal Bazaine exprima ensuite le regret de voir « le pays à la remorque d'une poignée d'aventuriers désireux de faire à leur ambition un marchepied des malheurs de la patrie ».
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature