Camille Lemonnier,
La petite femme de la mer
“ Il avait la fraîcheur des heures vierges de la vie. Et dans la maison, nul ne sait qui l’avait mis sur le banc, à l’entrée du jardin.Je n’écrirai pas aujourd’hui. L’odeur des roses en nuage subtil flotte et me grise : il me monte du cœur des choses lointaines. Je poserai le bouquet sur une chaise, dans la clarté des fenêtres. Je prendrai mes pastels. Et tout s’arrange comme je l’ai voulu.Voilà le bouquet sur la chaise ; il bruine à travers le store léger, tendu au dehors, un grésillement fin de soleil, une petite onde vermeille comme par les trous d’une pommelle d’arrosoir. ”
