Gabriele D'Annunzio,
Terre vierge
(1909)
“ C'était un joyeux combat d'êtres jeunes et forts : lui sain, rude, bondissant sous l'aiguillon de la puberté, avec un ardent désir de jouissance; elle saine, exubérante, presque ignorante dans sa luxuriante virginité. Le poulain reculait et soufflait les naseaux en flamme, les veines du cou gonflées, la queue raidie par la terreur, sous ces tenailles d'acier. — Non ! cria la zingara, en se dégageant enfin par un effort suprême. Et sous le choc, Ziza chancela sur la croupe glissante, tendit les bras et tomba à la renverse dans l'eau, au milieu des rires sonores de Mila. ”
