Émile Moselly,
Terres lorraines
“ À cet endroit, les « bougeries », les hangars où l’on enferme le raisin, où l’on distille l’eau-de-vie, forment auprès des maisons des abris secs, simplement séparés des champs par une clôture d’osier ou des palissades vermoulues. Souvent les vagabonds, les camps volants s’y glissent par les soirs d’automne, et dorment sur des lits de roseaux craquants, près de l’étable d’où s’exhale le souffle des bêtes repues. Quelque chose remua comme Pierre passait auprès d’un mur. Posant sa hotte à terre, il s’avança avec précaution, tâtonnant dans l’ombre avec ses mains. La nuit était noire. ”
