Gabriele D'Annunzio

Gabriele D'Annunzio

Résumé

Portrait de Gabriele D'Annunzio Gabriele D'Annunzio Episcopo et Cie [et autres nouvelles… (1895)

A peine Anne eut-elle senti sur sa langue l'hostie eucharistique, sa vue se troubla parce qu'un flot soudain de bonheur lui avait inondé les cheveux, suave comme un bain tiède et parfumé. Un murmure courait derrière elle dans la foule; et, à côté d'elle, d'autres jeunes vierges recevaient le sacrement, la face penchée sur le gradin de l'autel avec une grande componction.
Le soir de ce jour, Françoise voulut, selon la coutume des fidèles, dormir sur le pavé de la basilique en attendant l'ostension matinale du saint. Elle était enceinte de sept mois et très fatiguée par sa grossesse.
Source : Gallica

Portrait de Gabriele D'Annunzio Gabriele D'Annunzio Episcopo et Cie [et autres nouvelles… (1895)

Dans le matin printanier, le bois, noyé en son propre parfum, ondulait voluptueusement entre la sérénité du ciel et la sérénité de la mer. Les troncs versaient des larmes de résine. Les merles sifflaient. Toutes les sources de la vie semblaient ouvertes sur la transfiguration de la terre.
Anne s'assit sur l'herbe ; elle offrit au capucin du pain et des fruits ; et elle se mit à discourir sur la fête prochaine, avec des pauses, en mangeant. La tortue grattait de ses pattes antérieures le bord du panier, et, dans l' effort, sa tête timide de serpent s'avançait et se retirait.
Source : Gallica

Portrait de Gabriele D'Annunzio Gabriele D'Annunzio Episcopo et Cie [et autres nouvelles… (1913)

Ce seul souvenir, monsieur, suffit pour que je pardonne à la mère de Ciro, à la femme qui m'a fait tant de mal. Vous, monsieur, vous ne pouvez pas comprendre ce qu'est, pour un homme endurci et perverti par la souffrance et par l'injustice, la révélation de sa propre bonté latente, la découverte d'une source de tendresse dans l'intimité de sa propre nature. Vous ne pouvez pas comprendre; peut-être même ne pouvez-vous pas croire ce que je dis. Eh bien, je le dis quand même. Il y a des moments ou, Dieu me pardonne ! je sens en moi quelque chose de Jésus.
Source : Gallica

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