Gabriele D'Annunzio,
Le feu
(1929)
“ Sur le bord de la fontaine, au pied d'un buisson, gisait le cadavre de la Victime, allongé, rigide, candide. Dans le silence mortel, on entendait le murmure de l'eau et le souffle intermittent de la brise sur les myrtes qui s'inclinaient... — Ce fut en un lieu auguste, dit-il, que j'eus la première vision de mon oeuvre nouvelle : à Mycènes, sous la porte des Lions, en relisant l'Orestie... Terre de feu, pays de soif et de délire, patrie de Clytemnestre et de l'Hydre, sol à jamais stérilisé par l'horreur du plus tragique destin qui ait dévoré une race humaine... ”
