“ La Foscarina ferma les yeux. Sous l’effort des rames, l’esquif s’élança, fila sur l’eau laiteuse. Le ciel se faisait tout blanc. Une égale splendeur diffuse régnait sur l’estuaire. Des voix de marins venaient d’une barque chargée de verdures. De San-Giacomo-di-Palude venait un ramage de moineaux. Une sirène hurla dans le lointain. — Eh bien, l’homme au fil d’écarlate... — demanda la Foscarina, anxieuse d’entendre la suite du récit, parce qu’elle voulait comprendre. — Il sentit plus d’une fois sa tête branler sur son cou, — reprit Stelio en riant. ”
Citations sur “Foscarina”
Gabriele D'Annunzio,
Le feu
(1929)
“ Il n'y a pas de miroirs chez la comtesse de Glanegg; il y en a trop chez lady Myrta! pensait la Foscarina. La première a caché aux autres et à elle-même sa décadence ; la seconde s'est vue chaque matin vieillir, a compté ses rides une à une, a ramassé dans son peigne ses cheveux morts, a senti ses dents branler dans ses gencives pâles, et elle a voulu réparer par les artifices le dommage irréparable. Pauvre âme tendre qui voudrait encore vivre charmante et souriante! Mais il faut disparaître, mourir, s'abîmer sous terre ! ”
Gabriele D'Annunzio,
Le feu
(1919)
“ La Foscarina regarda la rieuse avec étonnement , car elle l' avait oubliée ; et cette femme assise là sur ce banc de pierre jauni par les lichens , avec ces mains tordues , avec cette scintillation d' or et d' ivoire entre les lèvres minces , avec ces petits yeux glauques sous les paupières flasques , avec cette voix enrouée et ce rire clair , la fit penser à une de ces vieilles fées palmipèdes qui vont par la forêt suivies d' un crapaud obéissant . ”
“ « C’est notre grande Foscarina ? » ↑ « Un soir, madame, vous m’avez fait trembler et pleurer comme un enfant. Me permettez-vous, en mémoire de cette soirée que je ne pourrai oublier tant que je vivrai, de vous offrir un petit travail sorti des mains du pauvre Seguso ? » ↑ « Pour vous obéir, seigneur. » ↑ « Oui, un Arlequin travesti en prince. » ↑ « Eh bien, madame, si vous daignez accepter ? »... ↑ « Oui, pour qu’on les mette en compote comme le cœur de Canova et les griottes de Fadoue ! » ↑ « Vivre en brûlant et ne pas sentir le mal ! » ”
Ch. de Mazade, Revue des Deux Mondes
“ Revenant de la Suisse, où il a été envoyé, Foscarini, la poitrine pleine encore de cet air salubre qu’il a respiré dans les libres montagnes helvétiques, revoit sa patrie contristée par la tyrannie des dix ; il retrouve aussi une jeune fille, qu’il aime et dont il est aimé, devenue l’épouse de Contarini, l’un des trois inquisiteurs d’état et son plus cruel ennemi. Ainsi l’homme et le citoyen tout ensemble sont profondément blessés. Foscarini cependant veut revoir encore Teresa, et il va répéter près de sa maison le chant plaintif de leurs jeunes amours. ”
Marie Colombier,
Nathalie : on en meurt
(1888)
“ Comme si la vie s'éveillait en elle, Fosca tressaillit et fondit, pour ainsi dire, dans les bras d'Armand, ne pouvant plus détacher ses lèvres des siennes, sentant une ardeur singulière se répandre dans ses veines, son sang couler plus vite, son cœur palpiter, ses tempes battre, et un impérieux besoin d'étreindre et d'être étreinte. ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ Il n'y a, le plus souvent, qu'un seul chancre, parce que l'inoculation dont il est la conséquence est elle-même habituellement unique. Cependant, on ne saurait conserver à ce caractère d'unicité l'importance diagnostique qu'on lui attribuait autrefois; à des inoculations multiples peuvent succéder des chancres multiples; la gale, l'herpès, l'ecthyma, par les excoriations qu'ils déterminent, peuvent leur fournir des portes d'entrée ”
Géminien Luppi, La Californie du ménage : plus de deux mille recettes… (1868)
“ La racine de fougère femelle à la dose de huit grammes incorporée dans du miel, ou dans du vin blanc pourra remplacer le susdit mélange, très-avantageusement en ce sens que l'on n'a pas toujours sous la main tous les ingrédients dont il se compose. TÉNIA OU TÆNIA, OU VER SOLITAIRE. On peut soupçonner l'existence de ce ver plat dans les intestins des individus qui éprouvent des lassitudes après leurs repas, une sensation de pesanteur au-dessus du nombril, pâleur à la face, amaigrissement général. Très souvent les malades de ce parasite ont une salivation très-abondante, et des tranchées ”
Pierre Foissac, Hygiène des saisons (1884)
“ L'essai fut très malheureux, et le malade parla de renoncer à tout traitement. Portal, d'un air méditatif, tâte son pouls : « Monseigneur, lui dit-il, vous avez mangé un œuf à la coque. — Quoi 1 vous voyez cela à mon pouls? reprit le malade. - Sans doute, dit Portal. L'œuf contient du soufre, du phosphore, une matière albumineuse que le suc gastrique ne dissout pas. Une tisane de camomille romaine et la poudre d'yeux d'écrevisse vous guériront. » Le plus stupéfait n'était pas le malade, dont la confiance fut raffermi. ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ L'adénopathie satellite des chancres péri-anaux et anaux doit être cherchée dans les régions inguinales externes; le chancre rectal s'accompagne de ganglions situés dans la concavité du sacrum et souvent de ganglions inguinaux par anastomoses des lymphatiques du rectum et de l'anus. Le chancre du sein s'observe principalement chez la femme qui nourrit : c'est le chancre de l'allaitement. Il est dû à la contamination par les lésions buccales et nasales du nouveau-né hérédosyphilitique ; c'est souvent à la faveur de gerçures et de crevasses du mamelon que se fait l'inoculation. ”
Charles Merki, La marquise de Verneuil (Henriette de Balzac d'Entragues… (1912)
“ Foscarini, ambassadeur de Venise, confia du reste à la reine de Navarre, — la reine Margot, — qu'après la mort du roi on avait trouvé dans ses papiers une lettre de la princesse de Condé le prévenant qu'on en voulait à sa vie ; mais depuis vingt ans il vivait dans la perspective d'un meurtre. « La vie avec de telles craintes, disait-il, est pire que la mort ; je suis dans la main de Dieu, et ce qu'il garde est bien gardé. » ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ Les parasites, dans le chancre, sont profondément situés; à la surface, on trouve surtout les microbes ordinaires de la suppuration et, assez souvent, des spirochètes réfringentes; lorsqu'on veut y rechercher le tréponème pâle, il faut la déterger et en faire sourdre, en pressant latéralement, quelques gouttelettes de la sérosité profonde. Les tréponèmes présentent des rapports étroits avec les vaisseaux : on les voit dans leurs parois et aussi, quoiqu'en petit nombre, dans leur lumière (Levaditi et Manouélian, Blaschko) . ”
Georges Railliet, Les Vers intestinaux dans la pathologie infantile (1911)
“ L'évolution de l'affection est toujours grave, et le traitement par l'extrait de fougère mâle, suivi de l'expulsion du ver, et a fortiori d'un fragment de ver, n'est efficace que s'il intervient à temps. ”
Ludovic O’Followell, Le Corset
“ Ce qu’il faut admettre, c’est l’influence d’un « abus antérieur du corset ou sa reprise ultérieure trop précoce » vis-à-vis non seulement de la grossesse, mais aussi des maladies qui peuvent atteindre le paquet intestinal. Ce qu’il faut admettre, c’est l’action adjuvante d’un corset mal fait, trop serré, action adjuvante qui sera d’autant plus nette et d’autant plus dangereuse pour l’intestin, que celui-ci sera prédisposé davantage à l’abaissement, à la ptôse. ”
Jules Arnould, Nouveaux éléments d'hygiène (1881)
“ Le grenat, matière secondaire de la fabrication de la fuchsine, a pris, en raison de cette fraude, une valeur vénale inattendue. On déguise, du reste, la fuchsine sous des noms habiles : colorine, caramel, etc. Heureusement, les couleurs d'aniline sont des plus aisées à découvrir ”
Émile Léon Poincaré, Traité d'hygiène industrielle… (1886)
“ La fuchsine, qui est un des dérivés les plus immédiats de l'aniline, puisqu'elle résulte de la réaction de l'acide arsénique sur cette substance, et qui se trouve aussi fabriquée sur une large échelle, est innocentée par la plupart des expérimentateurs qui n'accusent des quelques méfaits accidentels qu'on a pu lui attribuer que l'aniline et l'acide arsénique restés sans réaction réciproque. ”
Edmond About,
L’Homme à l’oreille cassée
(1862)
“ Le sérum du pauvre Fougas s'était desséché dans les veines ; l'eau que nous y avons introduite graduellement par une lente endosmose a gonflé l'albumine et la fibrine du sérum, qui est revenu à l'état liquide. Les globules rouges, que la dessiccation avait agglutinés, demeuraient immobiles comme des navires échoués à la marée basse. Les voilà remis à flot : ils épaississent, ils s'enflent, ils arrondissent leurs bords, ils se détachent les uns des autres, ils se mettront à circuler dans leurs canaux à la première poussée qui leur sera donnée par les contractions du cœur. ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ La première incubation, celle qui sépare l'inoculation de l'apparition du chancre, est souvent plus courte (de 7 à 8 jours) que chez les singes anthropoïdes. Le chancre est moins induré,moins net, plus fugace; en 10 jours, sa cicatrisation est terminée; l'adénopathie est moins fréquente et moins marquée; les accidents secondaires n'existent pour ainsi dire jamais : ces singes présentent donc une syphilis très atténuée. ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ Finger attribue ce caractère particulier à ce qu'en cette région le derme, dépourvu de glandes, serait peu riche en vaisseaux, agents de propagation du contage. Assez fréquemment, le chancre occupe le frein : il prend alors l'aspect d'une fissure à fond grisâtre; tiraillé au moment des érections et saignant facilement, il peut détacher en partie le frein qui est alors transformé en bride sous laquelle peut passer un stylet; parfois aussi le frein est complètement détruit. D'autres fois, le chancre occupe les fossettes situées de chaque côté du frein ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ Il peut y avoir contamination en dehors de tout contact : c'est ainsi que, la salive projetée, en causant, d'une bouche infectée dans l'oeil d'un individu sain peut y déterminer le développement d'un chancre. ”
Ludovic O’Followell, Le Corset
“ Pectus habent tumidœ ; fascia nulla tegat. La fascia, appelée aussi parfois fasciola était formée par une bande assez longue, puisque c’est avec elle que s’étrangla, raconte Tacite au Livre XV de ses Annales, la courtisane Epicharis, accusée d’avoir conspiré contre Néron. La fascia, seulement employée d’après Térence, par les personnes fortes, ou imposée par des mères soucieuses de la beauté de leur fille, venait quelquefois s’appuyer sur les épaules. ”
Léopold Jolly, Éléments de thérapeutique générale basée sur la physiologie et la pathologie cellulaire… (1899)
“ Le traitement général consiste â agir sur les troubles nerveux par le Phosphovinate d'Or Jolly, alternativement avec le Phosphate de Fer hématique Michel qui régularise la menstruation et, simultanément, les Pilules et Vin du Dr Foy comme régénérateurs de la constitution. Phosphovinate d'Or. — 10 gouttes deux fois par jour, en deux fois, dans un peu d'eau avant le repas, la 1re semaine; 15 gouttes chaque fois la 2° s. Chaque semaine augmenter de 10 gouttes, jusqu'à 40 gouttes par jour si l'affection est légère et 80 gouttes si elle est intense. ”
Charles Fiessinger,
La thérapeutique des vieux maîtres…
(1897)
“ Tout spécifique que soit un remède, celui-ci risque d'emporter son homme. Quoi de plus spécifique dans le scorbut que le cresson, le cochléaria et autres anti-scorbutiques? Et pourtant ces médicaments ont plus d'un malheur à leur charge : la fièvre lente, la phtisie, le marasme. Le soufre est le spécifique de la gale. Seulement c'est un spécifique qu'il faut savoir manier. Crainte d'accidents, on préparera pendant longtemps son action par la prescription préalable au galeux des tempérants, dépurants, amers, apéritifs, sudorifiques, diurétiques et purgatifs. ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ Peu à peu, la petite plaie, tout en augmentant d'étendue, devient légèrement papuleuse et repose bientôt sur une base indurée : c'est le chancre syphilitique. Vers le huitième jour les ganglions correspondants augmentent de volume et deviennent facilement perceptibles à la palpation. C'est l'adénopathie satellite du chancre. Dans cette phase, l'infection spécifique est surtout localisée au chancre, à ses lymphatiques, et à leurs ganglions ; les tréponèmes y présentent une suractivité (voir page 8) ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ Nous avons montré que, contrairement aux idées régnantes, les tréponèmes pâles ont leur évolution dans l'organisme humain et que les toxines génératrices de leurs manifestations successives doivent nécessairement subir des modifications dans le cours de la maladie; celles qui engendrent la roséole, les papules et les gommes ne peuvent être identiques à celles qui donnent lieu à la production du chancre induré : la diversité des effets suppose nécessairement des différences dans leurs agents générateurs. ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ ÉVOLUTION ET SYMPTOMATOLOGIE GÉNÉRALES 37 lieu dans les ganglions satellites du chancre. Concurremment, l'organisme tout entier est envahi par des ferments solubles dont l'immunité habituelle à l'égard de nouvelles inoculations révèle la présence. Les tréponèmes, transportés directement du chancre dans ses ganglions satellites, y subissent,, dans leurs générations secondaires, une profonde modification; ils y perdent leur suractivité primitive; la roséole, l'éruption directe que produit leur généralisation dans l'organisme, en fournil le témoignage ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ On peut poser en principe que toute sj'philis débute par un chancre. On ne connaît d'exceptions que pour la syphilis héréditaire et la syphilis conceptionnelle. Toutes les fois qu'expérimentalement on a inoculé le virus de la syphilis à un organisme capable de la contracter, cette inoculation a été régulièrement suivie d'un chancre. Celui-ci n'est, en somme, que l'expression de la réaction locale provoquée par les tréponèmes qui atteignent dans ces conditions leur maximum de virulence et les toxines qu'ils engendrent. ”
Charles Fiessinger,
La thérapeutique des vieux maîtres…
(1897)
“ C'est du même qu'il a hérité cette opinion que « l'antimoine n'est pas au nombre de ces poisons dont l'homme ne peut tirer aucun profit ». Et il recommande les fleurs et le foie d'antimoine dans les hydropisies. Le soufre aussi occupe sa place dans le formulaire de Sennert. Très utile se montre-t-il dans la toux. Les malades avaleront avec avantage une drachme de fleur de soufre dans une infusion de tussilage ou de scabieuse. C'est Galien, au contraire, qui inspire la classification et le traitement des maladies de l'estomac. ”
Pierre Foissac, Mélanges médico-psychologiques (1872)
“ L'haleine, plus pressée, se détache avec des efforts infinis de la poitrine, qui semble liée par des cercles de fer ; les traits se déforment au point de devenir méconnaissables. La bouche est désormais ouverte dans toute sa largeur, le nez s'amincit et s'effile, les yeux, constamment immobiles, sont près de briser leurs orbites. Il passe encore à de longs intervalles, à travers les organes roidis, quelques soupirs, et l'on dirait que le dernier de tous va s'échapper. ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ Sans nier l'influence possible de ces différents modes d'action, on la laisse au second plan, si l'on admet, comme le veulent toutes les vraisemblances, que l'iodure agit directement sur le tréponème, soit en le détruisant, soit en en neutralisant la puissance pathogénique. Son action, si rapide et puissante sur nombre de manifestations de la syphilis, plaide en faveur de cette manière de voir; il constitue donc, suivant toute vraisemblance, comme le mercure et l'hectine, un médicament spécifique de la syphilis. ”
Charles Fouquet, Traité de la syphilis (1911)
“ Le chancre syphilitique n'est que tout à fait exceptionnellement purulent; le plus souvent, il laisse sourdre une sérosité peu abondante qu'on augmente par la pression ; sa surface peut être tout à fait sèche ; il saigne facilement quand on l'irrite. Il ne s'accompagne d'aucune douleur spontanée; il devient sensible quand il est irrité : les chancres de la langue et de l'amygdale le sont par les aliments; ceux du prépuce, chez les phimosiques, ainsi que ceux du méat, par l'urine. ”
Gustave Chatenet, Études sur les poètes italiens Dante… (1892)
“ Ugo Foscolo naquit le 28 janvier 1778 dans les eaux de Zante; une des îles Ioniennes, à bord d'un vaisseau vénitien. Citoyen de Venise, patrie de ses ancêtres, il conserva toujours une vive affection pour le lieu de sa naissance. Dans un de ces élans prophétiques, dont sa poésie fournit plus d'un exemple, il s'écrie: «Je ne toucherai plus les rivages sacrés où reposa mon corps enfantin. O Zante! qui te mires dans les eaux de la mer hellénique, tu n'auras de ton fils rien autre chose que ses chants! Le destin me réserve une sépulture qui ne sera point pleurée. » ”
