“ Dieu n’est pas une essence à part nous. Il n’est pas plus un foyer de lumière élevé au-dessus des cieux, comme le soleil au-dessus de la lune, qu’il n’est le pain consacré dans le calice d’or. Il est le soleil, et le pain, et les cieux et l’or du calice, et les éléments et la terre, et le cœur de l’homme. Il est en nous et hors de nous, nous sommes en lui et jamais hors de lui. Esprit universel, partout il se révèle à travers les voiles épais de la matière, et notre âme est un sanctuaire qu’il remplit de son essence, qu’il anime de son souffle et qu’il embrase quelquefois de son amour. ”
Collectif
Résumé
La Revue de Paris, revue collective publiée au XIXe siècle, explore les thèmes de la poésie, de l'amour et de l'amitié à travers des textes philosophiques et littéraires. Elle réunit des voix comme celles de Victor Hugo et Sainte-Beuve, interrogant la nature de l'âme, la relation entre l'homme et le divin, ainsi que la tension entre création artistique et engagement éthique.
Les citations révèlent un dialogue entre spiritualité et sensualité, ainsi qu'une réflexion sur les liens humains, souvent marqués par des dilemmes existentiels. Cette œuvre, ancrée dans le romantisme, incarne une quête de vérité à travers la poésie et la profondeur des émotions.
Citations de La Revue de Paris (Collectif)
“ Il n’existe pas d’homme dont le cœur éprouve l’amour sans que les sens n’y aient aucune part ; car enfin, qu’est-ce que l’amour, même comme vous l’entendez ? c’est une amitié si forte, si brûlante, si tendre, que le sang s’allume au seul toucher, le cœur bat à la seule approche de l’objet qui la fait naître. C’est une amitié qui réunit la tendresse du frère pour sa sœur, du père pour son enfant. Comme la mère caresse son nouveau-né, délicat et frêle objet de son amour, l’amant couvre de ses baisers la gracieuse et frêle créature qu’il chérit. ”
“ Leurs voix étaient pareilles comme leurs visages. Une angoisse subite saisit Rougeterre ; ses tempes se couvrirent de sueur. C’était une âme violente, où les sentiments naissaient par blocs. Il ne savait en ce moment ni ce qu’il pensait, ni ce qu’il croyait ; le surnaturel entrait à pleines baies : — Soit, — dit-il, — chacun de vous imagine être Pierre de Givreuse. Mais, pas plus que moi, vous ne doutez que l’un de vous soit victime d’une illusion ? Ils baissèrent la tête et ne répondirent point. — Il n’est pas possible que vous en doutiez ! — affirma Augustin avec angoisse et indignation. ”
“ Tu es un grand maître, oh que je t’ai connu sublime de tendresse ! paternel, persuasif, inspirant de fanatiques dévouements. Pourquoi, vieillard, ton cœur s’est-il endurci ? Pourquoi de tes enfants as-tu voulu faire des esclaves ? Pourquoi le titre de Maître t’a-t-il semblé plus doux que celui de Père ? Et à présent te voilà seul, car les êtres intelligents ne se soumettent qu’à la bonté. Tu règnes, tout tremble autour de toi. Il n’y a pas dans ton domaine un cheveu qui ose se dresser contre toi, et tout frémit au souffle de ta colère, comme les feuilles au vent d’orage. ”
“ « Ai-je aimé une seule fois avant cette fois-ci ? N’ai-je pas, durant toute la suite de mes années, attendu ce grand amour qui doit me sauver ou me détruire ? De ceux-là qui ont accru ma tristesse, quel est celui dont j’aurais voulu un fils ? N’est-il pas juste qu’une vie nouvelle sorte de ma vie, maintenant que j’ai fait à mon seigneur le don entier de moi-même ? Ne lui ai-je pas apporté intact mon rêve de vierge, le rêve de Juliette ? Toute mon existence, depuis ce soir de printemps jusqu’à une nuit d’automne, n’est-elle pas abolie ? » Elle voyait l’Univers transfiguré par son illusion. ”
“ Entre vous et moi, Sainte-Beuve, il y a une amitié scellée d’une façon trop profonde et trop durable pour que les petites affaires de l’amour-propre nous divisent jamais un seul instant. Nous sommes des amis sérieux. C’est notre devoir de ne jamais ajouter foi une minute aux commérages qu’on pourrait colporter de vous à moi et de moi à vous, tantôt bêtement, tantôt perfidement. Vous ne doutez pas, n’est-ce pas, mon ami, que jamais votre nom ne sort de ma bouche que comme il en doit sortir, avec l’effusion de l’amitié, de l’admiration et de la tendresse la plus fraternelle. ”
“ Faut-il se dévouer en tout, à toute heure, sans réserve, gaîment, fortement, saintement ? Faut-il adjurer toute vanité, s’exposer aux lazzi du public, à sa haine, à son injuste mépris, à l’abandon de la famille et des amis, à l’indigence, à la fatigue, à la persécution ? Faut-il sacrifier même l’amour de l’art et s’abstenir de vivre par la pensée ? Faut-il accepter des défauts révoltants, des vices, même les couvrir de mystère vis-à-vis de son propre jugement ? ”
“ Lorsque midi surtout a versé sa lumière, Que ce n’est que chaleur et soleil et poussière ; Quand il n’est plus matin et que j’attends le soir, Vers trois heures, souvent, j’aime à vous aller voir ; Et là, vous trouvant seule, ô mère et chaste épouse, Et vos enfants au loin épars sur la pelouse, Et votre époux absent et sorti pour rêver, J’entre pourtant ; et vous, belle et sans vous lever, Me dites de m’asseoir ; nous causons ; je commence À vous ouvrir mon cœur, ma nuit, mon vide immense, Ma jeunesse déjà dévorée à moitié, Et vous me répondez par des mots d’amitié ”
“ Ce mystérieux Fils du Ciel, cloîtré au fond de ses palais, invisible, silencieux, captif, peut-être, il est là, prosterné sous cette coupole jalouse, offrant les débris de son cœur, au Ciel sourd, au Ciel injuste. Tout à l’heure il apparaîtra sur le fond sombre du portique ; il traversera le parvis, descendra quelques marches jusqu’à son palanquin, et l’étranger attentif pourra, en cette minute précieuse, graver à jamais dans sa mémoire la vision surprise ! Ce n’est pas une curiosité banale qui l’attire, mais une sympathie respectueuse qui pressent et s’apitoie. ”
“ Le soleil disparut de l’eau ; l’ombre des arbres s’allongea sur l’autre bord, Jella commença d’être attentive. Jusque-là, elle pensait à sa mère. Jagoda resserra sur son cou desséché la chemise en haillons. Les deux yeux profondément enfoncés, sans vie, remuèrent tout à coup dans leur orbite, comme si des insectes y fourmillaient. Puis elle se pencha tout près de l’oreille de la fille : — Le moulin brûla... comprends-tu ? C’est moi qui l’ai allumé ! La bouche de Jella s’ouvrit. La vieille se mit à rire lentement, d’une manière effrayante dans les croissantes ténèbres. ”
“ Piffoël, Piffoël, tu n’en dis rien, toi qui toujours ris, grondes, ou travailles. Toi qui prétends n’être pas malheureux, avoir émoussé tous les aiguillons de la douleur et trouver à l’absinthe le goût du miel, toi qui assures n’avoir pas le temps de pleurer, toi qui ne crois ni à ta peine, ni à celle d’autrui. Toi, optimiste, en robe pourpre, à qui si peu d’hommes ont surpris un instant de faiblesse, tu connais pourtant bien ce cœur faible qui se fond en sanglots quelquefois quand il se trouve seul avec toi, au lever ou au coucher de la lune. ”
“ Sainte-Beuve Sans tarder, Victor Hugo réplique, le 24 décembre : « Vous faites bien de m’écrire, mon ami, vous faites bien pour nous tous. Nous lisons vos lettres ensemble, ma femme et moi, et nous parlons de vous avec une profonde amitié. Les temps que vous me rappelez sont pleins de douceur. Croyez-vous qu’ils ne reviennent jamais ? Moi, je l’espère. Allez, j’aurai toujours joie à vous voir, joie à vous écrire. Il n’y a dans la vie que deux ou trois réalités, et l’amitié en est une. Mais écrivons-nous, écrivons-nous souvent. Ce sont nos cœurs qui continuent à se voir. Rien n’est rompu. » ”
“ La terre est rare sur les grandes montagnes ; c’est à peine si elle donne du pain et des tombes. La voix de bronze de l’église pleurait tristement jusqu’au fond du vallon. Quand le cercueil noir oscilla sur le seuil de la chaumière, le soleil d’automne apparut parmi les nuages. Les montagnes percèrent le brouillard, brillantes et mouillées, comme si, avec les forêts et les roches, elles avaient surgi d’un lac aux profondeurs incommensurables. Tout étincelait ; seuls, les yeux de Jella étaient de nouveau secs. La vue des hommes avait pétrifié son âme. ”
“ Pourquoi y aurait-il tant de charmes dans la haine assouvie ? C’est qu’il y aurait le mérite de la générosité, et qu’on pourrait se sentir grand, ne fût-ce qu’une heure dans la vie. On croirait en toi, alors, toi jaloux qui gardes toute ta grandeur pour ta jouissance inconnue. J’aime ces phrases entrecoupées qu’il jette sur le piano, et qui restent un pied en l’air dansant dans l’espace comme des follets boiteux. Les feuilles des tilleuls se chargent d’achever la mélodie, tout bas, avec un chuchotement mystérieux, comme si elles se confiaient l’une à l’autre le secret de la nature. ”
“ Pourquoi fuis-tu la solitude, Piffoël ? Tu n’as commis aucune faute et tu vois bien qu’un instant de solitude te guérit. Tu vois bien que ton cœur est bon et que ta conscience t’en rend témoignage. Pourquoi tant souffrir ? Parce que ceux qui te font souffrir souffrent plus que toi ! Pauvre docteur, toi seul sais combien tu es bête, et ceux dont tu pleures la souffrance ne pleurent que la leur propre. ”
“ Valentine se tenait devant une des fenêtres. Un vent léger entrait, qui faisait trembloter une grande plume noire qu’elle avait à son chapeau ; une lueur de perle se répandait sur ses joues ; les yeux larges marquaient l’indécision charmante de l’adolescence. Il s’était rapproché ; ils avaient échangé des paroles peu significatives, dont il se souvenait pourtant, parce qu’elles se rattachaient à une évolution intérieure... Ce souvenir fit battre le cœur de Philippe, le parfum d’iris et d’ambre qui flottait autour de Valentine semblait le pollen d’une floraison lointaine. ”
“ Pourquoi, mon amie pourquoi ne voulez-vous pas être la divine statue changeante que modèlerait mon esprit, l’œuvre de foi et de douleur par laquelle notre vie pourrait surpasser notre art ? Pourquoi sommes-nous si près de ressembler aux médiocres amants qui se lamentent et maudissent ? Lorsque j’entendis de vos lèvres la parole admirable : « Je puis cette chose que l’amour ne peut pas ! » je crus que véritablement vous pourriez me donner plus que l’amour. Les choses que l’amour peut et celles qu’il ne peut pas, il faut les pouvoir toutes et toujours, afin d’égaler ma nature insatiable. ”
“ Il ne s’étonnait pas de ce que Jella disait ; mais devant ce visage changé de la femme, il sentit un choc à la poitrine. La colère montait en lui, largement, ouvertement, comme l’orage chez lui, dans la plaine. Son poing se crispa lentement, et il jeta d’un seul mot, à la face de Jella, tout ce qu’il ressentait : — Étrangère ! Il voulait se libérer. Pour bien marquer sa volonté, il rentra dans l’auberge. Jella le regarda stupéfaite. Elle n’osa pas le suivre. Elle le craignit et l’aima encore plus que les autres fois. ”
“ À la maison de thé, bondée de pêcheurs russes barbus qui puaient l’alcool et le poisson, Rizou dit à Adrien, dès qu’ils furent installés dans leur coin : — Tu me pardonnes ma méchanceté de tout à l’heure ? — Mais je sais bien que tu n’es pas méchant. — Oh, si ! je le suis. Que veux-tu, la vie n’est plus pour moi qu’un fardeau. Alors ? On me frappe. Je frappe. Ou, plutôt, je mords, comme un paria impuissant. Adrien regardait son visage marqué par l’impitoyable maladie et le trouvait sympathique, avec ses yeux noirs, brûlant de passions contenues. ”
“ Il faudrait qu’avec cette ardeur brûlante qui de son cœur circulerait et brûlerait encore dans la moindre de ses fibres, il faudrait qu’il fût maître de lui comme jamais homme ne l’a été. Pour cela il faudrait que son âme connût et pénétrât si bien la mienne que de sang-froid il détestât l’idée d’une liaison coupable, et qu’il eût formé une si ferme résolution de ne jamais abuser de ma confiance que je pusse la lui accorder tout entière et dormir sur son sein avec autant de calme et d’innocence que sur celui de ma mère. ”
“ Plus bas, la voie ferrée s’allongeait au milieu des montagnes, comme deux cheveux tendus à l’infini. Les tunnels apparaissaient tels que des terriers à renards enfumés. Et le train traversait le champ des pierres ainsi qu’un petit lézard au corps articulé et à la tête enflammée. Jella s’était égarée dans l’empire inculte de la « Bora ». Elle se rappela les contes de Jagoda : le feu ailé, les nains, le spectre de la montagne à la barbe de pierre. Elle regardait ardemment autour d’elle. Tous, ils vivaient là. ”
“ Puisses-tu, grande artiste, ne connaître que cet amour qui est certainement le seul bon, mais qui n’est pas toujours le seul possible. Tant que tu n’en connaîtras pas d’autre, je ne te serai bonne à rien et tu ne sauras pas combien je t’aime et combien je te comprends et combien je t’estime. Mais je prie Dieu que ce jour n’arrive point et que jamais tu n’aies à te jeter dans mon sein. Ce jour-là, tu souffriras ce qu’une aussi excellente nature ne devrait pas souffrir. Mon Dieu, préservez-la de me nommer un jour sa meilleure amie, car ce jour-là l’orage sera dans son âme. ”
“ C’étaient les paroles atroces que l’aimé lui-même avait proférées, qu’elle-même avait redites, dans le jardin nocturne où les étoiles cachées des jasmins embaumaient, où les fruits aussi embaumaient comme dans les vergers des îles, alors que l’un et l’autre étaient sur le point de céder au désir cruel. « Il est trop tard, il est trop tard ! » La femme qui n’était plus jeune, là, sur cette bonne herbe, avait devant elle, maintenant, l’image ancienne d’elle-même et sa virginité palpitante sous la tunique de Juliette, au premier rêve de son amour. ”
“ En face de cette destinée de Leconte de Lisle, qui portait comme un fruit naturel le jugement que le monde est mauvais, qu’il serait absolument mauvais sans la circonstance atténuante qu’on meurt et qu’il mourra, voici la nature la plus heureuse, la narine ouverte aux parfums, la voix prête au rire, les yeux qui brillent à la lumière, l’amitié des hommes et des choses, l’amour des femmes et des roses, et la vie dans la poésie comme un mouvement de nageur dans la mer. ”
“ Valentine oubliait ces soirs sinistres où les deux hommes lui apparaissaient comme des revenants. Elle ne les confondait plus. Le regard de Philippe rappelait à peine le regard de Pierre ; elle cessait d’y découvrir l’amour qui rendait tout choix impossible. Pierre était seul près d’elle... Elle allait dans le vent délicieux. Il lui contait la légende hasardeuse des créatures ; il donnait à ses joues la nuance des églantines ; la jeune bouche innocente avait l’attrait des fleurs rouges et l’éclat des perles encore trempées d’eau marine. ”
“ C’est un être si complet, si bien organisé, si expansif, si généreux, si tendre et si naïf ! Admirable nature, quel enfant tu fais sortir tout d’un coup du sein de la divine humanité ! Il me semble que j’aime Pauline du même amour sacré que j’ai pour mon fils et pour ma fille, et à cette tendresse indulgente, illimitée, presque aveugle, je joins l’enthousiasme qu’inspire le génie. ”
“ Sous les paroles, il sentait la beauté et la tristesse des choses inexprimées, mais confusément ; et, malgré la certitude que quelque bien difficile allait naître d’une telle fièvre, il ne savait pas à quelle issue cet amour serait conduit par la nécessité de devenir parfait ou de périr. Il avait l’esprit dressé dans une attente merveilleuse, à se sentir vivre avec tant de ferveur en ces lieux oubliés, sur cette herbe chétive, le long de ce chemin silencieux. Jamais il n’avait eu en lui-même un sentiment plus profond de la force incalculable dont est doué le cœur de l’homme. ”
“ Descendue dans la gondole, pelotonnée dans son manteau, plus livide que sur la route de Dolo, elle essayait de vaincre son spasme en serrant ses mâchoires avec ses deux mains. Mais, de temps à autre, le rire mauvais lui échappait et grinçait dans le morne silence, rompant le rythme des deux rames. Elle pressait plus fort sur sa bouche, comme pour s’étouffer. Entre la voilette relevée sur les sourcils et le mouchoir taché de sang, ses yeux restaient ouverts et fixes dans l’immensité du crépuscule. La lagune et le brouillard engloutissaient toutes les formes et toutes les couleurs. ”
“ L’amour suivait sa voie comme la gravitation, comme les rayons qui voyagent dans la nuit interstellaire, comme les âpres semences des ajoncs et des ronces : parce qu’il contient l’Énigme totale, il s’adapte à toutes les énigmes. Il croissait en Pierre et Philippe, d’autant plus fort qu’ils étaient plus faibles. Il croissait en Valentine, douloureux et craintif, aussi chaste que ce fleuve d’argent qui, par les grands soirs, semblait couler de la lune sur les flots intarissables. ”
“ Nulle de ces lignes ne pouvait être troublée par les paroles de la douleur humaine, et toutes enseignaient le silence et promettaient la paix aux hommes, avec le temps. — Que vous dirai-je ? — répondit Stelio d’une voix étouffée, comme s’il eût parlé pour lui-même plutôt que pour cette femme, impuissant à surmonter l’angoisse que lui donnaient la certitude de son présent amour et la conscience de son désir inexorable comme le destin. — Peut-être ce que vous avez imaginé est-il vrai ; peut-être n’est-ce qu’un fantôme de votre esprit. ”
“ N’est-ce pas une chose sainte, une loi de nature, que cet amour de la force pour la faiblesse ? C’est ainsi que la femelle de l’homme chérit ses petits, c’est ainsi que l’homme devrait chérir sa femelle. Mais il a imaginé de consacrer par des lois de servitude l’inévitable dépendance de la femme, et alors, adieu la douceur et la liberté de l’amour. Quelle femme réclamerait la vie de l’esprit, si on lui accordait celle du cœur ? Il est si doux d’être aimé ! mais on les maltraite, on leur reproche l’idiotisme où on les laisse, on méprise leur ignorance, on raille leur savoir. ”
“ Le plus grand rival de l’homme dans le cœur de la femme, c’est l’amour d’elle-même, c’est la vanité qu’elle tire de son visage ou de son esprit : la coquette avide de louanges et de succès aime tous les hommes et n’en aime pas un seul. Un époux, un amant la corrigera peut-être, mais pas au point d’en être aimé comme Roméo le fut de Juliette, comme Othello le fut de Desdemona. ”
“ Ils aimaient Valentine comme ils respiraient : on eût dit que ces deux amours s’ajoutaient et se donnaient mutuellement plus de force. Lorsqu’ils ne réfléchissaient point, lorsqu’ils s’abandonnaient simplement à leur penchant, sans y mêler l’avenir, il y avait, dans la rivalité même, une douceur insondable, ils vivaient un présent à la fois très passionné, très charmant et très pur. Leur amour se confondait alors avec la joie d’être jeunes, avec la beauté des sites, des constellations, des falaises et de l’océan. ”
Termes fréquents
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