Arvède Barine

Arvède Barine

Résumé

Portrait de Arvède Barine Arvède Barine Alfred de Musset

« Les idées de Musset sur l’amour, a dit M. Jules Lemaître, rejoignent, à travers les siècles, celles des poètes primitifs. L’amour est le premier-né des dieux. Il est la Force qui meut l’Univers. Ce n’est point, dit Valentin à Cécile, l’éternelle pensée qui fait graviter les sphères, mais l’éternel amour. Ces mondes vivent parce qu’ils se cherchent, et les soleils tomberaient en poussière, si l’un d’eux cessait d’aimer. « Ah ! dit Cécile, toute la vie est là ! —Oui, répondit Valentin, toute la vie... » L’amour ainsi compris s’élève au rang de mystère sacré.
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Portrait de Arvède Barine Arvède Barine Alfred de Musset

Musset n’a rien écrit de plus impie, en ce sens que nulle part il n’a exalté l’« idolâtrie de la créature » à un tel degré, et avec autant d’éloquence, ne laissant qu’elle pour horizon à l’humanité avilie, ne voyant qu’elle pour fin de l’« immortelle nature ». Quel hymne à Éros ! Quelle puissante évocation du dieu impassible qui marche dans notre sang et se rit de nos larmes ! Il grandit démesurément au fur et à mesure de ces accents enflammés ; il remplit l’univers de sa divinité et souffle au poète des vers sacrilèges :
O Muse ! que m’importe ou la mort ou la vie ?
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Portrait de Arvède Barine Arvède Barine Alfred de Musset

Insensé, tu me quittes dans le plus beau moment de ma vie, dans le jour le plus vrai, le plus passionné, le plus saignant de mon amour ! N’est-ce rien que d’avoir maté l’orgueil d’une femme et de l’avoir jetée à ses pieds ? N’est-ce rien que de savoir qu’elle en meurt ?... Tourment de ma vie ! Amour funeste ! je donnerais tout ce que j’ai vécu pour un seul jour de ton effusion. Mais jamais, jamais ! C’est trop affreux. Je ne peux pas croire cela. Je vais y aller. J’y vais.—Non.—Crier, hurler, mais il ne faut pas y aller, Sainte-Beuve ne veut pas.
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