La Mort des Yeux

Résumé

La Mort des Yeux Émile Sicard

À vingt ans, souffrir d’une souffrance plus grande que celle d’un mal de cœur, d’un mal d’âme ! Et moi, qui ne croyais à rien qu’à la vie, me voilà étendu depuis près d’un mois dans cette atmosphère tiède et mélancolique qui sent la résurrection et la mort...
On a des prévenances, des attentions, on me sait jeune et l’on me plaint et je déteste la pitié par-dessus tout, cette pitié mère d’amour que je sens déjà m’amener des femmes dont toute la volupté tient dans la charité et dans la faiblesse.
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La Mort des Yeux Émile Sicard

Il n’y aura pas de maisons et de fenêtres ouvertes, il n’y aura que des brumes et votre cœur prendra mal...
Comme vous m’en voudrez si un jour vous reconnaissez le soleil !
— Je ne reconnaîtrai pas le soleil qui vous a quitté ; il sera un indifférent que je verrai passer sans demander à le voir. Le soleil qui n’est pas pour tout le monde ne ressemble plus au soleil.
— Ma rue ! Je crois que nous n’y entendrons que le tintement des sons dans le creux des sébilles !
— Il y aura le bruit des cloches ! Les cloches, dans le soir, sonnent mieux parce qu’on ne les voit pas !
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La Mort des Yeux Émile Sicard

Mars, Mardi.
— Resey est-ce bien vous qui êtes près de moi ? Il me semble que depuis que je n’y vois plus je ne devais plus vous voir.
Voilà vos cheveux, voilà vos mains, voilà votre voix...
Êtes-vous bien assise ?
Prenez le grand fauteuil... Il doit être là, dans ce coin que je vous montre...
Je vous retrouve après un long voyage toute la même ; il n’y a guère que mes yeux qui ont vieilli !
Parlez-moi ! Je vous vois mieux quand vous me parlez.
— Je veux que vous ne souffriez pas... Il faut que votre vie soit une rue égale où il fait calme toujours.
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