Paul Heyse,
Méran, journal d’une jeune malade
“ En me levant ce matin, je ne prévoyais guère quelles épreuves nouvelles m’apporterait cette journée. Sans cela, qui sait si je ne me serais pas enfuie de nouveau? J’écrivais hier que la vie est pénible; mais ce qu’il y a de plus pénible, c’est le bonheur pour une pauvre âme qui se demande : Ne te sera-t-il pas enlevé avant que tes forces aient eu le temps de renaître? Heureusement il n’y a pas de vrai bonheur qu’on doive être seule à porter; il nous vient toujours d’un autre, qui en partage avec nous le poids. Voici les premières violettes, qui savent quel printemps est venu pour moi. ”
