Joséphine Wells Thériault

Résumé

Joséphine Wells Thériault Autour d’un nom

JAMES. Dans la paix des soirs redevenus toujours semblables pour Huguette, elle disait à Dieu sa souffrance :
Je suis lasse et mon front est lourd
Du chagrin qui le ride.
À mes accents ne sois pas sourd,
Prends ma main et la guide.
Toi qui protège le petit,
L’humble, celui qui pleure,
Viens à mon aide quand le jour fuit.
Le silence de l’heure
Où la nature s’assoupit
Me rend triste et m’apeure.
Quand pointe l’étoile du soir
 (Comme de l’ostensoir
S’échappe le parfum qui brûle.)
Il monte de mon cœur,
Aux feux mourants du crépuscule,
Des sanglots de douleur.
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Joséphine Wells Thériault Autour d’un nom

D’expirer comme toi pour un amour divin !
— Je connaissais ces vers, dit M. James, lorsqu’elle eut fini, cependant il y en a dont la détresse poignante m’était échappée — probablement parce qu’Anglo-Saxon, souligna-t-il d’un sourire. — Vous me les avez fait sentir.
— N’est-on pas pris de pitié pour ce malheureux qui eut ces accents déchirants et qui s’éteignit à l’âge où l’homme entre en pleine possession de soi ? Victime de ses égarements mêmes, il mourut, en jetant ce cri de désespérance suprême : « Dormir ! Enfin, je vais dormir ! »
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Joséphine Wells Thériault Autour d’un nom

Le souvenir des gloires passées de la patrie, des souffrances qui l’ont façonnée, est un aiguillon au civisme du militaire. C’est une jouissance nouvelle — plus intense que les autres puisqu’elle les renferme toutes — qu’il éprouve en se battant pour défendre son sol, sa foi, son foyer. Et qui ne sait que le foyer n’est autre chose que le cœur d’une femme ? celui de la mère ou celui d’une épouse.
Madame Durand entendait bien ce que disait M. James, dont la voix séduisante la troublait, mais son regard distrait indiquait qu’une autre idée l’absorbait.
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