Melle Emma B...

Résumé

Melle Emma B... Confidences à mon fiancé (1868)

Je suppose donc que vous continuez à me lire sans vous moquer de moi, et je dis : Il y a dans l'aspect, dans le silence d'un beau ciel étoilé quelque chose de saisissant qui s'empare de l'imagination. Les plus frivoles en sont frappés au moins une fois en leur vie. La sensation est peut-être fugitive comme l'éclair, mais on n'y échappe pas : elle vous surprend n'importe où, au sortir d'un bal, au retour d'une chasse.
C'est la nuit que le ciel étale toute sa majesté,
L'azur le plus pur, le plus doux au regard, c'est un voile qui cache l'univers.
Source : Gallica

Melle Emma B... Confidences à mon fiancé (1868)

La pauvre fleur, c'est la femme ; pendant qu'elle regarde l'ombre qui tourne à ses pieds, le papillon céleste s'envole dans l'air immense.
J'étais d'autant plus injuste envers mon frère que l'humeur voyageuse commençait aussi à s'emparer de moi. Chose triste à dire, j'aurais alors abandonné mon père, ma sœur et la bonne Pétronille sans verser une seule larme: je serais allée n'importe où. J'étais malade, voyez-vous, malade de chagrin. Heureusement je guéris. Le
retour à nies occupations familières, la vue des autres qui travaillaient autour de moi me redonna de l'énergie.
Source : Gallica

Melle Emma B... Confidences à mon fiancé (1868)

« laisse-moi ! » c'est d'être entourée de soins, d'affections et de sentir au fond du cœur l'indifférence et l'ironie, c'est de maudire ce qui est beau, de détester ce- qui est bon ; c'est de haïr Dieu. Pour moi, je pense que du fond de l'abîme les damnés voient clairement les splendeurs de la création ; qu'ils entendent avec netteté les célestes harmonies, mais qu'ils n'aiment pas, les infortunés ! voilà leur châtiment.
J'ai été ainsi après la mort démon père. Tout me devint odieux, ma maison, ma sœur, mes livres, ma vie surtout.
Source : Gallica

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