P.-J. Stahl

P.-J. Stahl

Résumé

Portrait de P.-J. Stahl P.-J. Stahl Le chemin glissant (1898)

« C'est égal, j'ai été sage, Henri, très sage, mais cela a été bien difficile, et j'ai bien cru un moment que j'allais être très désobéissante. Ah! que c'est bon les cerises, et aussi d'être sage! Sois sage aussi, Henri, et tu verras comme on est content de l'avoir été. » Et la petite cousine se mettait à sauter, à courir, à s'amuser, satisfaite d'elle-même et de tout ce qu'elle rencontrait, et elle répétait encore : « C'est si bon d'être sage ! »
Henri tâchait de prendre un air joyeux, en lui répondant : « Oui, oui, tu as raison, petite cousine ».
Source : Gallica

Portrait de P.-J. Stahl P.-J. Stahl Le chemin glissant (1898)

« J'ai encore vaincu mon caprice », — et déjà il se sentait rougir de honte, — mais la petite cousine se ravisa et se contenta de lui dire : « Laisse-moi passer, Henri, je croyais parler à Jacques. »
Jacques partit. Henri resta seul avec la petite cousine, et alors il vit, — avec quel effroi et avec quel serrement de cœur, Dieu le sait! — il vit que sa présence seule devenait nuisible et fatale pour la pauvre enfant. Oui! rien que sa présence! rien que de se trouver avec lui, dans la même chambre, rien que de respirer le même air, était funeste pour la petite cousine!
Source : Gallica

Portrait de P.-J. Stahl P.-J. Stahl Le chemin glissant (1898)

Le souvenir de Jacques était le seul qui eût encore la vertu de rendre sage la petite cousine. Dans ses pires moments, on n'avait qu'à prononcer le nom de son ami Jacques pour que la pauvre enfant s'arrêtât de mal faire, et, tout bas, elle demandait pardon à cet ami absent.
Henri aurait donné sans hésiter son sang pour avoir le droit d'adresser à Julie de ces bonnes et douces paroles dont Jacques avait le secret, mais comment eût-il pu le faire? Une bouche coupable peut-elle dire de bonnes choses avec autorité? un cœur lâche peut-il prêcher le courage?
Source : Gallica

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