André Beaunier,
La Revue blanche
“ Elle a souffert de se séparer de moi, toute petite, quand il a fallu me mettre au couvent. Elle a souffert de m’abandonner ensuite à sa cousine et de penser que j’étais prise peu à peu par une existence différente de la sienne et qui m’écartait d’elle, qu’elle ne connaissait pas et qui lui faisait peur. Et puis, je suis revenue à la maison comme une étrangère, moi, l’enfant aînée, qui aurais dû l’aider dans sa besogne incessante, être la confidente de ses peines et l’amie de toutes les heures, qui porte la moitié du poids de la vie. Elle ne m’a jamais fait un reproche. ”
