Henri Gillet

Résumé

Henri Gillet Les bonnes petites filles (1868)

Je crois, maman, qu'il faudrait m'habiller simplement à cause de cette dame qui n'est pas riche et dont la fille sera mise sans doute avec simplicité. Mme d'Osmond approuva Clotilde et l'habilla selon son désir. Quand l'enfant fut prête, elle retourna au jardin où Alphonsine ne tarda pas à la rejoindre. Celle-ci s'était revêtue de ses plus magnifiques habits; elle marchait fière, raide et droite, n'osant pas bouger de peur de les abîmer et de n'être pas dans toute sa splendeur à l'arrivée de la princesse. Quelle parure! dit Clotilde, en voyant Alphonsine.
Source : Gallica

Henri Gillet Les bonnes petites filles (1868)

Lucienne pleurait encore lorsqu'elle entendit le bruit de la voiture s'arrêtant devant l'hôtel. Son cœur battit avec force quand sa maman entra suivie de Mme de Roquefeuille et des petites filles.—Eh bien! mademoiselle, la solitude vous a-t-elle rendue plus aimable? demanda Mme Delaunay à Lucienne. Celle-ci, sans répondre, se précipita dans les bras de sa mère en implorant son pardon.— Je te pardonne, dit la maman, car j'espère que la leçon sera bonne; mais rappelle-toi toujours que l'unique fruit qu'on retire de la mauvaise humeur et de la bouderie, c'est de se rendre soi-même malheureuse.
Source : Gallica

Henri Gillet Les bonnes petites filles (1868)

Si Césarine était désobéissante avec sa maman, Mariette l'était bientôt aussi. Si Césarine boudait, Mariette boudait de même; si elle pleurait, elle pleurait plus fort. Césarine avait bien remarqué que sa sœur réglait sa conduite sur la sienne. Elle en était désolée, car, chose étrange, toutes ces fautes qui, commises
par elle-même, lui semblaient légères et mignonnes, lui apparaissaient au contraire sous leur vrai jour, c'est-à-dire énormes et affreuses, quand sa petite sœur s'en rendait coupable.
Source : Gallica

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