Antoni Wodziński

Aniela (1876)

Résumé

Antoni Wodziński Aniela (1876)

L'amour naît aussi d'un choc comme l'éclair:
deux êtres s'aiment un jour : ils ne se connaissaient pas la veille ; l'amour fuit comme le souffle qui ride l'onde; l'amour s'effeuille comme une fleur ; l'amour est plus long que la vie ; l'amour n'a qu'une heure et l'amour c'est l'éternité.
Oui, j'aimais cette simple enfant des bois, je l'aimais de toutes mes ardeurs contenues; elle m'ouvrit le ciel, elle me donna le bonheur tant rêvé : ce vide effrayant de mon âme, elle le combla à force de tendresse et d'amour
Source : Gallica

Antoni Wodziński Aniela (1876)

Pense donc ! n'avoir pas connu sa mère, avoir à jamais été sevré de ses caresses, n'est-ce pas être la pauvre plante battue par les vents qui croît sans séve et sans rayon?. Je l'ai pleuré de larmes de sang, cet amour perdu ; mon enfance fut sombre comme un soir d'hiver dans nos forêts. Je souffrais d'un mal lent, continu; j'étais horriblement délaissé : un monde faux, des serviteurs rampants, un
père dont l'indifférence me glaçait d'effroi.
Source : Gallica

Antoni Wodziński Aniela (1876)

Lorsque, la foudre tombant dans la forêt, le voyageur voit s'abattre le chêne qui tout à l'heure encore lui servait d'abri, il sent que la vie arrête pour quelques instants en lui son cours régulier, et il demeure plongé dans les ténèbres et la stupeur. Ainsi, dans nos grandes peines, aux premiers déchirements, aux premières angoisses du désespoir succède un
calme trompeur; et alors, comme le flot immobile entre deux coups de l'ouragan, l'âme se replie sur elle-même, et il semble que le plaisir n'a plus de voluptés, la tristesse plus d'amertume.
Source : Gallica

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