Résumé

Georges Lemay Petites fantaisies littéraires

Léontine l’avait aimé sans se demander s’il était favori de l’opulence ou paria de la fortune, parce qu’elle obéissait à une inclination de son cœur. Quand elle avait appris du jeune homme que son heure n’était pas venue de se frayer un chemin à travers les égoïsmes de la société, elle avait dit : « j’aime, j’attendrai. »
L’amour n’est pas une dérision ; il a été mis au cœur de l’homme par Dieu lui-même, et ceux-là dont le cynisme glacé cherche à en étouffer les sublimes manifestations, sont maudits, parce qu’ils entravent la plus grande loi morale de l’humanité.
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Georges Lemay Petites fantaisies littéraires

Que reste-t-il au malheureux que des aptitudes réelles ou des efforts illusoires inclinent à tenter la sombre carrière des lettres ? l’amour du Beau, l’amour de l’Art pour lui-même, l’amour de l’Idéal !
En France, l’écrivain peut compter sur une critique saine, éclairée, impartiale qui sera pour lui la récompense du travail, ou qui l’avertira sagement que son âme n’a pas été créée pour les sublimes efflorescences de la pensée.
Dans notre pays, la critique des choses de la pensée est à peu près nulle. La musique, la peinture, l’architecture tâtonnent sans guide à travers des méandres obscurs.
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Georges Lemay Petites fantaisies littéraires

Encore n’avons-nous là en vue que les poètes ayant du talent, visités par la gloire et qui, du moins, ont succombé sur le sein de leur idéal. Que serait-ce si nous descendions dans ces limbes où vagissent, avec les ombres des petits enfants, les vocations mort-nées, les tentatives avortées, les larves d’idées qui n’ont trouvé ni ailes ni formes, car le désir n’est pas la puissance, l’amour n’est pas la possession. La foi ne suffit pas : il faut le don. En littérature comme en théologie, les œuvres ne sont rien sans la Grâce.
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