Antoine-François Bonvalot

Résumé

Antoine-François Bonvalot Les fous et les anges (1844)

Il pèse sur mon cœur, il me fait sentir toute l'horreur de ma destinée !... »
Il se tait, laisse tomber sa tête entre ses mains, soupire et gémit ; quand tout-à-coup, près de lui, se fait entendre une voix timide : « Pauvre esclave ! la chaîne d'Aza t'accable ! eh bien ! je la porterai avec toi. »
Aux accens d'une voix si douce, Saïd se retourne et regarde : Dieu ! qu'aperçoit-il? la fille des rois. Troublé, éperdu, il tombe à ses pieds ; et, dans son délire, il ne sait s'il rêve ; il veut
lui peindre sa flamme, mais il ne trouve pas d'expressions.
Source : Gallica

Antoine-François Bonvalot Les fous et les anges (1844)

Le prince de la mort se trouble, frissonne, et le désespoir redouble ses forces. Privé d'armes, il n'est pas vaincu : il s'arme de lui-même et veut, en expirant, étouffer son rival sur son sein, dans ses bras. Il s'élance contre lui pour le saisir; mais, effrayé du glaive qui brille à ses yeux, il vole, il roule autour d'Oromaze; tel que l'ouragan, lorsque, déchaîné dans les montagnes, il veut déraciner un chêne majestueux, il vole, rugit, tourbillonne autour de l'arbre sacré, il l'enveloppe de ses lugubres ailes, et, par momens, croit
l'entrainer avec fracas du haut des monts.
Source : Gallica

Antoine-François Bonvalot Les fous et les anges (1844)

Emma, voulant que je me relève, me présente une main plus blanche que le lis ; je la saisis, cette main adorée, je la presse avec ardeur contre mes lèvres brûlantes, je l'arrose de pleurs d'amour. Oh ! dans ce moment d'ivresse, combien ce cœur fut éloquent ! en vain recherche-rais-je sur mes lèvres les discours que m'inspira alors l'ardeur dont j'étais embrasé. L'airain m'avertit enfin qu'il était l'heure de me retirer, et je me retirai heureux, heureux plus que jamais
mortel ne put l'être !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature