Antoine-François Bonvalot, Les fous et les anges (1844)
“ Il pèse sur mon cœur, il me fait sentir toute l'horreur de ma destinée !... » Il se tait, laisse tomber sa tête entre ses mains, soupire et gémit ; quand tout-à-coup, près de lui, se fait entendre une voix timide : « Pauvre esclave ! la chaîne d'Aza t'accable ! eh bien ! je la porterai avec toi. » Aux accens d'une voix si douce, Saïd se retourne et regarde : Dieu ! qu'aperçoit-il? la fille des rois. Troublé, éperdu, il tombe à ses pieds ; et, dans son délire, il ne sait s'il rêve ; il veut lui peindre sa flamme, mais il ne trouve pas d'expressions. ”
