Pierre Drieu La Rochelle,
L'homme couvert de femmes
(1925)
“ Gille s’émerveille bientôt devant un brasier mouvant de beaux membres enflammés. Il reporte la main sur le monde dont il a semblé s’écarter un instant. Et c’est une main lourde, douce, qui, pelotant la pâte, ajoute singulièrement à l’œuvre de Dieu.Il entreprend de grands ébats comme un garçon de vingt ans sur son cheval dans un pays de hauts-plateaux. Il parcourt d’un trait les prairies, il dévale les collines, il atteint d’un bond les sommets et s’y tient. Il saute de sa monture et se renverse dans l’herbage. Et le ciel est le plus grand champ.Tiens, mais ce Gille est ambitieux. ”
