Jules Barbey d’Aurevilly

Jules Barbey d’Aurevilly

Memoranda (1883)

Résumé

Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Memoranda (1883)

Je veux faire une étude sur Dickens, et je n'en connais encore que cent pages. Mais je prétends que si cent pages ne donnent pas le talent d'un homme, elles donnent son esprit, et l'esprit de Dickens m'est odieux. C'est une espèce d'ironie qui vulgarise tout, une manière plate de regarder les choses. Ce n'est ni son genre d'observation, ni ses conceptions, ni son drame, ni ses personnages qui me déplaisent : c'est son esprit à lui; ce n'est pas l'ouvrage, c'est l'auteur. L'Ange Blanc me reproche un parti pris, -l'Ange se trompe, parce qu'elle craint que je ne me trompe.
Source : Gallica

Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Memoranda (1883)

Le génie
de l'idéal n'est pas le démon du mensonge.
Ce serait toujours les boules que vous connaissez!
Mais le plus précieux des trésors de M. M., c'est la Vierge d'Hemling. Pour nous, chrétiens, ceci est au-dessus de tout, au-dessus des Vierges et des Saintes de Fiesole, qui ont une beauté mortifiée et transparente, une beauté d'Élue. La Vierge d'Hemling a la beauté radieuse des Vierges de Raphaël; mais la divinité du Christianisme brille tellement dans cette tête, qu'à côté, la tête de la Vierge à la Chaise paraît païenne, et même, comme expression, les têtes si chastes du Pérugin!
Source : Gallica

Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Memoranda (1883)

Pas une meurtrissure sur ses joues, l'azur océanique de ses yeux est d'un bleu plus fulgurant à travers les larmes, le rose ardent des lèvres ne s'est pas noirci sous les vagues de sang de la colère qui y est montée, non! tout étincelle, tout est splendide, tout est rayonnement dans cette douleur d'un cœur d'homme qui passe, sans les ternir, à travers les organes éthérés d'un Dieu! Achille est debout, une main menaçante tournée vers Troie et vers le ciel tout ensemble (mouvement complexe d'une entente profonde, car il s'en prend de la mort de Patrocle autant au ciel qu'aux
Troyens)
Source : Gallica

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