Résumé

Émile Montégut Portraits poétiques - Maurice de Guérin

Mlle Eugénie de Guérin était bien la digne sœur de Maurice ; elle était presque son égale par l’esprit, et je ne sais pourquoi il me semble qu’elle lui fut supérieure par le cœur. Contrainte au célibat par sa pauvreté et sa naissance, elle reporta sur son frère toute la tendresse dont son cœur était plein. Tant que Maurice vécut, Mlle Eugénie porta son célibat, non-seulement avec dignité, ainsi qu’il convenait à une fille de race et d’âme nobles, mais encore avec gaieté, comme une personne dont le cœur est engagé tout entier et qui sait à qui faire don du trésor de ses affections.
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Émile Montégut Portraits poétiques - Maurice de Guérin

Notre œil intérieur est fermé, dit-il admirablement, il dort, et nous ouvrons largement nos yeux terrestres, et nous ne comprenons rien à la nature, ne nous servant pas des yeux qui nous la révéleraient, réfléchie dans le miroir de l’âme. Il n’y a pas de contact entre la nature et nous ; nous n’avons l’intelligence que des formes extérieures et point du sens, du langage intime, de la beauté en tant qu’éternelle et participant à Dieu, toutes choses qui seraient limpidement retracées et mirées dans l’âme douée d’une merveilleuse faculté spéculaire.
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Émile Montégut Portraits poétiques - Maurice de Guérin

Lorsque Maurice mourut, Mlle Eugénie sentit le froid de la solitude tomber sur son cœur, et s’éteindre cette lumière de gaieté douce et triste qu’entretenait seule dans son âme la tendresse qu’elle portait à son frère. La mort avait fait dans sa vie un vide que la mort seule pouvait désormais combler.
Rien n’est touchant comme de voir dans son journal les efforts de tendresse que fait son cœur pour se nourrir encore du souvenir du mort, et transformer ce souvenir en amour vivant.
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