Ernest Zyromski

Résumé

Ernest Zyromski Eugénie de Guérin (1921)

En lisant les confidences fraternelles, Eugénie est frappée par cette profondeur de vision qui pénètre, à travers le cœur d'un homme, dans le cœur de tous les hommes ; et elle écoute cette force de retentissement qui donne à ces notes quotidiennes l'accent d'un chant éternel. Ainsi elle nous aide à comprendre comment l'âme d'un seul s'ouvre, en se décrivant, à la plainte de l'humanité. Un fait bien observé révèle une loi de la vie. Le génie de la synthèse est l'épanouissement et le triomphe de l'esprit d'analyse. Le classicisme est la puissance d'élever l'individuel à l'universel.
Source : Gallica

Ernest Zyromski Eugénie de Guérin (1921)

Ainsi les émotions et les souvenirs s'accumulent dans l'âme, comme les eaux qui s'amassent au fond d'un lac. Que le vent du printemps apporte la douceur de sa brise ou qu'un vent d'orage sème le murmure de son trouble, alors ce calme de l'onde et du cœur s'agite : tout s'émeut d'un long frisson et l'âme fait entendre son bruit de joie ou de plainte. C'est l'agitation de l'âme conquise, quand l'arrivée soudaine d'une émotion nouvelle réveille le sentiment endormi et groupe les idées, les désirs et les évocations qui le traduisent dans la lumière.
Source : Gallica

Ernest Zyromski Eugénie de Guérin (1921)

A cette âme harmonieuse la Beauté apparaît comme une amie qu'elle aime tendrement. Son sentiment de la nature est une forme de son besoin
d'aimer, et son étonnement charmé s'exprime avec l'épanouissement et la grâce de la tendresse. Cette âme franciscaine aime l'automne, les fleurs et les étoiles parce qu'elle aime l'âme des fleurs, l'âme de l'étoile, l'âme de l'automne. Elle assiste au cœur même de l'être, et elle se représente ces merveilles de sympathie qui font de la vie des fleurs un poème de fiançailles et répandent sur la nature entière le chant de l'hymen triomphant.
Source : Gallica

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