Résumé

Souvenir de Mme Marguerite François 1885-1914 (1915)

Il me semble que tout frissonne et palpite dans ces nuits d'été. Oh ! j'aime tant la lune, elle ne me semble pas triste, ou froide, ou morte, ou même bête, comme à certaines personnes. Pour moi, c'est l'image de la fidélité éternelle, de la constance à travers les épreuves, enfin de la paix du ciel au-dessus de toutes les agitations de la terre. Je me répète tout le temps ce verset : « Dieu est fidèle », et je me sens comme dilatée ! Je pense aux paroles de Pascal dans sa nuit d'extase : « Paix, joie, joie, pleurs de joie ». Et les couchers de soleil, tu les aimes aussi, n'est-ce pas ?
Source : Gallica

Souvenir de Mme Marguerite François 1885-1914 (1915)

Crois-tu, Magdeleine, qu'il y ait de ces amours d'élan qui vous apprennent tout cela en une heure, inconsciemment, seulement par le fait qu'on aime, qu'on ne voit plus qu'un seul être ? Oui, peut-être, mais combien de temps cela dure-t-il ? Et n'arrive-t-il pas un moment où cet amour ne trouve plus d'aliments en soi-même, ne se renouvelle plus, et où l'un des deux, ayant connu et épuisé jusqu'au bout l'être qui tout d'abord s'est donné sans mystère, sans réserve, s'en trouve soudain détaché ?
Source : Gallica

Souvenir de Mme Marguerite François 1885-1914 (1915)

Je n'ai jamais peur d'arriver à un point d'arrêt, de cesser d'être une source de vie productive, de me renouveler. Je me sens en période de plein développement, et l'unité d'action, de pensée que je désire autant que toi, ne pourra, me semble-t-il, que donner un nouvel essor à tout mon développement, en me rendant libre des soucis, hésitations, faiblesses paralysantes, etc. S'il est vrai, Magdeleine, qu'on sent en soi une vie intense, il faut qu'on aie l'audace de croire qu'on pourra produire, donner, vivre toujours à nouveau ; c'est le sur moyen d'y réussir.
Source : Gallica

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