Ernest Zyromski

Résumé

Ernest Zyromski Maurice de Guérin (1921)

Malheur à ceux qui n'apportent pas aux souffrances de l'âme l'appui d'une force intacte qui permet les rebondissements ! Notre poète ne résista pas à cette vie chargée de désillusions. Pourtant il eut le courage, dans les heures si brèves qu'il arrachait à la souffrance, d'écrire la Bacchante et le Centaure ; mais, dans ce cri de joie d'un esprit qui se déploie enfin dans la liberté, nous entendons un accent de plainte. Qu'il est facile d'expliquer l'amertume qui traverse l'élan de cette ivresse et de comprendre le murmure de mélancolie qui accompagne en sourdine ce chant de triomphe !
Source : Gallica

Ernest Zyromski Maurice de Guérin (1921)

Je sais que la nature, qui contient toute la vie, renferme tous les contrastes, mais je crois toujours qu'elle est divine, puisqu'elle aboutit, à travers tant de souffrances, au triomphe de la lumière et de la beauté. Aujourd'hui pourtant je m'assure que cette certitude de plus en plus méditée doit faire surgir l'image inconcevable mais inévitable d'un Dieu créateur, — de ce Dieu qui donne un sens à la douleur, apaise notre tourment devant l'injustice et achève notre admiration de la beauté du monde dans l'amour de celui qui fait lever sur les tombeaux l'espérance.
Source : Gallica

Ernest Zyromski Maurice de Guérin (1921)

Car l'extase n'est pas le délire d'un cœur arraché à lui-même et perdu dans le sommeil de l'inconscience. La véritable extase, à la fois calme et illuminée, est la maîtrise d'une pensée qui a gravi la contrée sublime où le tumulte des apparences s'ordonne dans l'harmonie et dans la beauté. Parvenue à ce degré de puissance, l'âme de la Bacchante est insensible à ce qui passe et ne s'ouvre qu'à la splendeur de l'universel. Seul le sentiment de l'éternité peut satisfaire cette âme ardente. Seul le sentiment de l'immensité peut combler cette âme qui s'offre à tous les transports.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature