Octave Pirmez,
Jours de solitude (2e éd.)
(1869)
“ On a cru s'appuyer sur la réalité, mais la réalité s'effondre sous le coude du rêveur. Le rêve qui d'abord exaltait dans la joie, approfondit bientôt dans le chagrin. L'amour du passé qui s'allume aux chocs d'un présent malencontreux s'empare de nous, et l'ombre de l'enfance, s'allongeant sur le champ de la virilité, nous fait regretter nos plus folles chimères. On n'écoute plus que distraitement le murmure des vents, des ruisseaux, des abeilles. Les oiseaux, les nues, les arbres ne sont plus que fantômes. Une seule réalité reste, et toujours présente le souffle de mort qui nous emporte. ”
