Ernest Psichari,
Terres de soleil et de sommeil
(1908)
“ Mais il ignore le temps et l’angoisse de sa fuite. Sama, petite âme enveloppée, ami des mauvais jours, ton être me devient familier, comme un objet auquel on s’accoutume. C’est le plaisir des yeux, la paix du cœur...La brousse est un jardin d’automne. Les feuilles mortes chantent. Les arbres se pressent, la plupart dénudés, mais beaucoup encore sont verts. Pas un pli de terrain, pas un sommet, pas une vallée. Il m’en souvient... L’air est un cercle de clarté. La terre sommeille, il semble qu’à chaque pas on la réveille un peu, et, à chaque pas, l’on est un cœur qui s’éveille un peu. ”
