Félix Chapiseau

Résumé

Félix Chapiseau Au pays de l’esclavage

Car ici, tout ce qui n’est pas au premier plan du tableau est sans relief, vague, fondu, perdu dans cette débauche de bleu étrange. Le premier plan, par exemple, relève le tableau. Tout s’y détache net, vigoureux, lumineux et coloré. Le sable qui couvre le sol est éblouissant sous la lumière qui tombe presque tout le jour perpendiculairement, le soleil atteignant à cette latitude sa plus grande élévation. La verdure y étale tous ses tons, les plus tendres et les plus délicats, des plus moelleux jusqu’aux plus vifs, et des plus sombres aux plus crus.
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Félix Chapiseau Au pays de l’esclavage

De gré ou de force, chacun a imposé au lambeau d’Afrique où il a planté son drapeau, la domination de son pays, l’influence de sa race, les produits de l’industrie européenne. La diplomatie a complété l’œuvre des aventuriers. Aujourd’hui, la majeure partie de l’Afrique appartient à quelques nations d’Europe : le temps n’est pas éloigné où la race blanche dominera effectivement sur tous les peuples africains, naguère indépendants, et dont quelques-uns ignorent encore jusqu’à l’existence de leurs nouveaux maîtres.
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Félix Chapiseau Au pays de l’esclavage

La tribu des Banziris s’est établie au confluent de la Kémo et de l’Oubangui. Un coup d’œil charmant pour l’Européen, c’est de voir leurs pirogues dégringoler les rapides.
Les Banziris pagaient en chantant au son du tamtam : « Oh ! eh ! issango ! issango ! » Les pirogues décrivent de grandes courbes dans les remous puissants et luttent de vitesse pour accoster la première. Les équipages prennent terre et se rangent sur une ligne parallèle à la rivière. Ce qui frappe le plus dans la foule qui fait sur le sable de la rive une tache noire, c’est l’élégance de tous ces hommes.
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