Félix Chapiseau

Élements biographiques

Félix Chapiseau Au pays de l’esclavage

Car ici, tout ce qui n’est pas au premier plan du tableau est sans relief, vague, fondu, perdu dans cette débauche de bleu étrange. Le premier plan, par exemple, relève le tableau. Tout s’y détache net, vigoureux, lumineux et coloré. Le sable qui couvre le sol est éblouissant sous la lumière qui tombe presque tout le jour perpendiculairement, le soleil atteignant à cette latitude sa plus grande élévation. La verdure y étale tous ses tons, les plus tendres et les plus délicats, des plus moelleux jusqu’aux plus vifs, et des plus sombres aux plus crus.
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Félix Chapiseau Au pays de l’esclavage

La tribu des Banziris s’est établie au confluent de la Kémo et de l’Oubangui. Un coup d’œil charmant pour l’Européen, c’est de voir leurs pirogues dégringoler les rapides.
Les Banziris pagaient en chantant au son du tamtam : « Oh ! eh ! issango ! issango ! » Les pirogues décrivent de grandes courbes dans les remous puissants et luttent de vitesse pour accoster la première. Les équipages prennent terre et se rangent sur une ligne parallèle à la rivière. Ce qui frappe le plus dans la foule qui fait sur le sable de la rive une tache noire, c’est l’élégance de tous ces hommes.
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Félix Chapiseau Au pays de l’esclavage

Entre les Caas et les Togbos, elle n’a pas plus de trente à quarante kilomètres.
Un pic dont le sommet peut atteindre 540 mètres environ donne vue sur tout le pays : c’est le Gagazo. Au-delà, et presque à la même altitude, s’étend un plateau coupé de nombreux marigots entourés d’une végétation intense. Toute la flore de la forêt vierge s’y est donné rendez-vous : les palmiers vinifères, les borassus, la liane-palmier si élégante, des arbustes aux feuilles longues d’un mètre ; les roseaux forestiers se mêlent aux gommiers énormes, aux puissants fromagers et aux gutta-perchas.
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