Tamtam

Définition et enjeux

Paul Bourgette Le parfum de la Dame Noire (1911)

Sans se laisser troubler par les entrechats maternels et l’assourdissant tapage, le bébé noir continue à dormir comme si on lui lisait la prose de Mme Delarue-Mardrus. Et voilà comment, à l’occasion, le tamtam peut se transformer en berceuse.
D’autres amateurs s’élancent, gambillent, se trémoussent, virevoltent, se font vis-à-vis en poussant des cris de sirène de navire. Il y a des riches, des pauvres, des jeunes, des vieux, des enfants, des grand’mères, des chiens, des poules. Car le tamtam est un plaisir de toutes les conditions, de tous les âges, de toutes les espèces.
Source : Gutenberg

Paul Bourgette Le parfum de la Dame Noire (1911)

Les différents tamtams d’une même ville possèdent chacun leur clientèle spéciale. Il y a celui des gens chics et celui des purotins. Une dame noire mariée à un Européen vous déclare avec une impertinente fierté :
— Tu sais, moussié, moi y a faire seulement tamtam avec autres femmes de toubabs. Tamtam y a pas bon avec sales nègres.
Il existe aussi de petits tamtams de jeunes filles, des « sauteries » comme on dirait chez nous. Et le mot est infiniment plus juste en Afrique, si l’on songe à quelle fantastique hauteur atteignent les jarrets des danseuses.
Source : Gutenberg

Paul Bourgette Le parfum de la Dame Noire (1911)

Le tamtam, c’est la synthèse de la vie nègre.
On peut dire qu’une société se traduit au naturel par sa danse favorite. Un menuet évoque à merveille la pompe cérémonieuse et l’étiquette raffinée du XVIIIe siècle. La valse nous révèle l’âme allemande sentimentale et rêveuse. Dans le charleston, l’Amérique se retrouve frappante avec son allure affairée, hâtive, tourbillonnante. Et devant les déhanchements canailles de la « java », qui ne devinerait les mœurs si spéciales des costauds et des gigolettes de Ménilmuche ? Le tamtam n’est pas un miroir moins fidèle du peuple noir.
Source : Gutenberg

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